Essai Beluga 15 Young

Vif mais sûr !

Ce petit semi-rigide paraît plus grand que ses 4,52 m grâce à un agencement de cockpit simple et des rangements généreux qui en font un modèle bien adapté aux balades en famille, avec la possibilité d'embarquer jusqu'à sept personnes. La fabrication, signée Lomac, est un gage de qualité, et le comportement marin est à la fois sécurisant et fun.

Texte Jacques Anglès - Photos Jacques Anglès et Philippe Leblond


 10 900 € sans moteur (tarif 2016)
 4.52 m
 7
 33,3 nds

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Paru dans le Pneumag n° 49 Septembre/Octobre 2005




Au premier regard, le Beluga 15' Young délivre une impression de «déjà-vu» qui s'explique en regardant la plaque du constructeur, signée Lomac. Sous l'appellation Beluga 15, la grande marque italienne produit ici un quasi-jumeau du Lomac 460 OK, un de ses modèles les plus populaires. Si la coque et le cockpit sont identiques à ce dernier, le Beluga se pare d'une robe plus attrayante, avec un élégant flotteur gris pâle et quelques détails revus, à l'image de la décoration des flotteurs, ou des mains courantes en sangle, qui remplacent celles, plus fonctionnelles, en tresse de nylon. On note tout de même que, par rapport à son aîné, le Beluga «perd» deux poignées de portage et le petit capot de proue en toile caoutchoutée, mais la qualité Lomac reste tout à fait d'actualité. Voyez par exemple le flotteur, solidement réalisé en élastomère Orca, avec cinq compartiments (alors que de nombreux modèles équivalents n'en comptent que 3 ou 4) et des bandes de renforts sur tous les collages. Ce boudin est protégé par un gros liston en caoutchouc, qui englobe les extrémités arrière hémisphériques, et est doté de 16 poignées de maintien ! Il manque cependant une protection d'étrave contre le ragage de la ligne de mouillage…La partie polyester (coque et cockpit) est tout aussi soignée, les coffres et socle de console étant moulés avec le cockpit, ce qui améliore la rigidité structurelle du pont. Rien de révolutionnaire en somme, mais un ensemble construit pour durer qui inspire toute confiance. Le même classicisme se retrouve dans la conception du cockpit, avec un design qui fait passer la fonctionnalité avant l'esthétique. Le plancher remonte suffisamment sur les côtés pour protéger le flotteur, l'antidérapant moulé type «pointe de diamant» est efficace et la console de pilotage décalée ménage un large passage latéral. Celle-ci comporte aussi sur l'avant une banquette-coffre à large ouverture, ce qui facilite le rangement du réservoir portable de carburant de 25 litres. La baille à mouillage et le grand coffre de rangement forment une large plate-forme, convertible en bain de soleil biplace avec les allonges et coussins optionnels. Le constructeur n’a pas oublié de pourvoir le capot de la baille à mouillage d’une encoche pour le passage de la chaîne et du câblot. à l’arrière, la banquette offre deux places confortables grâce à une sellerie épaisse et souple, le dossier (rabattable) étant toutefois un peu bas. Sous cette banquette, une vaste soute abrite la batterie, qui laisse beaucoup d’espace pour le rangement. Seul bémol dans ce cockpit globalement pratique : l’eau ne se vide pas complètement à l’arrêt. En navigation, le Beluga confirme sa construction sérieuse en montrant dans le clapot une excellente rigidité structurelle, que confirme l’absence de résonances de coque. Heureusement, il ne se limite pas à cela : c’est aussi un bateau performant et vif à piloter. Avec deux personnes à bord, toutes deux à l’arrière, il se cabre sensiblement au déjaugeage, mais reprend aussitôt une assiette horizontale, avec une accélération franche. Cette tendance à cabrer disparaît dès qu’un passager prend place à l’avant. En ligne droite rapide, cette coque montre d’excellentes qualités nautiques et ne mouille pratiquement pas, les flotteurs affleurant alors à peine l’eau. Avec plus de 33 noeuds au GPS, la vitesse de pointe est élogieuse pour un petit bateau, et ceci en toute sécurité. Un peu de trim est conseillé pour bien aérer la carène en V et gagner les derniers nœuds : le bateau est alors parfaitement stable et maintient son cap même quand on lâche le volant. Attention toutefois à ne pas trimer avec excès car les performances et la stabilité latérale en pâtissent. Plus pragmatiquement, on trouve une «allure de confort» idéale à un peu plus de 20 nœuds et 4000 tours/minute, régime auquel le moteur délivre son meilleur rendement. Pas de problème de tenue en longues courbes et en virages serrés, la carène accrochant fort bien, avec toutefois une tendance à ventiler si l’on resserre trop le rayon de giration (moins de 15 m).

Heureusement ; ce phénomène de ventilation se déclenche avec progressivité et peut être évité dès que l'on a le bateau en main.Dans l'ensemble, le comportement du Beluga est très sûr, et le moteur de 50 chevaux, bien adapté à un usage familial, lui laisse une marge de sécurité confortable. Les amateurs de pilotage sportif ou de ski nautique pourront donc opter sans risque pour une motorisation plus puissante, en prenant garde de ne pas trop alourdir le tableau arrière. à cet égard, le F60 Yamaha est une alternative intéressante, avec 10 chevaux de plus et sans augmentation de poids..



photo Beluga 15 Young


photo Beluga 15 Young


photo Beluga 15 Young





Conclusion
Sous le sigle Beluga, ce 15 Young construit par Lomac est en fait un clone du Lomac 460 OK dont il ne diffère que par quelques détails. Bénéficiant de la qualité de construction de la grande marque italienne, c’est une valeur sûre, conçue pour durer. Il est facile à mettre en œuvre, se prend en main très vite et montre de bonnes qualités marines. Bref un vrai bateau de mer, capable d’embarquer toute la famille pour un budget raisonnable. La seule question est : pourquoi un chantier aussi réputé que Lomac sort-il le même bateau sous deux marques ?




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