Essai Marlin 630 dynamic

Un CV très sérieux

C'est la rentrée ! Que ce soit pour poursuivre ses études ou trouver un job, un bon CV s'impose… Au moment d'aborder les salons d'automne, le Marlin 630 a de belles cartes en main pour séduire une clientèle exigeante mais au budget raisonnable. A commencer par une habitabilité au-dessus de la moyenne et un équipement de série très complet…

Texte et photos Philippe Leblond


 32 950 € avec Yamaha 100ch 4T (tarif 2011)
 6.3 m
 10
 35.4 nds
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Paru dans le Pneumag n° 85 Septembre/Octobre 2011



Peu connus en France, mais remarqués par les habitués du Salon de Gênes, les Marlin possèdent une ligne à nulle autre pareille (si ce n'est depuis peu les Zodiac Sea Hawk – nés Kelt - et le Zodiac n-Zo), caractérisée par des flotteurs à "teugue". Cette courbe descendante qui marque le profil de leurs tubes les identifie sans détour. Une prouesse technique dans l'art de l'assemblage qui leur donne une vraie personnalité. Grâce à Calypso Marine, l'importateur de la marque italienne, basé à Nice, nous avons pu passer de la moquette du salon italien à un essai en "live". Ce 630 est le dernier-né d'une gamme de onze semi-rigides qui, du plus petit (5,50 m) au plus grand (11,60 m), arborent tous cette étonnante silhouette, empruntée aux bateaux de pêche américains. Un modèle un peu plus simple en équipement et finition que ces frères de chantier, afin d'offrir une alternative en termes de budget… La preuve, le 630 s'affiche à 21 289 € sans moteur, contre 23 322 € pour le 17 FB, nettement plus petit (5,50 m).
N'allez pas en déduire pour autant que le 630 est un Marlin au rabais ! Un simple coup d'œil suffit pour apprécier la qualité de sa présentation qui, si elle est sans fioritures, n'en demeure pas moins de belle facture. Comme le montrent les flotteurs, assemblés dans la longueur, avec du tissu Orca (type Néoprène/Hypalon) aux collages nets et sans bavures, un polyester aux contours impeccables avec pourtant quelques pièces au moulage sophistiqué (carène, module de banquette arrière), et un accastillage inox correctement dimensionné. Par ailleurs, on remarque des détails de conception qu'on ne trouve pas sur les semi-rigides de grande diffusion, comme ce bac enduit de gel-coat brillant, placé dans la cale arrière pour maintenir les affaires au sec, ou le matelas de solarium avant, articulé, afin d'accéder facilement au coffre à mouillage, ou encore le coupe-batterie à portée de main dans un logement dédié… Mais, ses atouts principaux résident dans une conception parfaitement en phase avec son programme dominant, soit les sorties en mer en famille. Dans cette optique, on se doit de souligner le nombre de places assises qui s'élève à sept, avec le petit biplace pour enfants sur l'avant de la console (un peu plus épais les coussins SVP !), et l'impressionnant volume de rangement (coffres avec couvercles à vérins).
Pour couronner le tout, le chantier italien se permet d'offrir, en standard, un équipement très complet, comportant notamment la douche de pont, la plate-forme de bain avec échelle inox affleurante, l'extension de solarium avant, le davier inox sur socle polyester, les trois taquets d'amarrage et les feux de navigation… Un seul reproche, l'absence de table pour le pique-nique…Terminons notre tour d'horizon par le poste de pilotage. La console et le siège peuvent accueillir assez confortablement deux personnes, avec des commandes bien placées et un dossier réglable en trois positions, notamment en appui fessier pour piloter debout confortablement. Dommage que la façade de console ne soit pas plus creusée pour donner de l'aisance au niveau des pieds et des genoux…. Pour ce qui est du tableau de bord, il offre un bel espace pour le montage d'options électroniques (GPS, sondeur, VHF, compas…), et l'on note la présence d'une boîte à gants, côté copilote. Bien vu !
En raison de sa carène en V profond, ce semi-rigide n'est pas très stable à l'arrêt. Par ailleurs, il réclame une puissance assez élevée pour obtenir des performances de bon niveau. A cet égard, le Yamaha 100 ch monté sur notre bateau d'essai, peut-être considéré comme la puissance basse… Sans aller jusqu'à choisir la motorisation maxi, on verrait bien un moteur à cylindrée plus forte, comme le Honda 115 ch (2 254 cm3). Reste que le Yam parvient tout de même à animer cette carène assez lourde mais prompte à s'aérer (déjaugeage en 3"5). Le pilotage est vivant, même si la vitesse de pointe n'a rien d'étourdissant. Peut-être qu'une hélice à pas plus long aurait permis de "gratter" deux ou trois nœuds, mais rien n'est moins sûr… Ce qui est sûr, c'est que le Marlin possède une bonne sensibilité au trim et une tenue de cap sereine. En revanche, en virages "attaqués", il convient de se méfier un peu à l'inscription, car il refuse de gîter à l'intérieur et semble vouloir partir en contre-gîte, ce qui ne met pas en confiance. La parade ? Réduire les gaz, et braquer franchement. Dès lors, le 630 enroule son virage de manière orthodoxe, assurant un bon grip et gardant une motricité efficace en sortie.
Difficile compte tenu de la mer plate que nous avons rencontrée, de formuler un verdict significatif concernant l'équilibre et le confort dans la vague. Reste que nos sauts sur le sillage d'un Azimut Jumbo 100 (30 mètres) nous ont semblé de bon augure, avec un équilibre sain et des réceptions en souplesse. Si cette impression de confort se confirme dans la mer formée, les excellents rendements signés par le Marlin entre 3 500 tr/min et 4 500 tr/min (de 17,3 à 23,8 nds) seront un réel atout pour les longues balades programmées par le capitaine. Au passage, un chiffre remarquable, les 225 milles couverts à 17,3 nds ! De quoi snober la corvée du ravitaillement…



photo Marlin 630 dynamic


photo Marlin 630 dynamic


photo Marlin 630 dynamic


photo Marlin 630 dynamic





Mis à part son comportement délicat en virage (très) rapide – mais qui va virer de cette manière ? – et l'absence de table pour l'apéro, les points à inscrire dans la colonne "passif" du Marlin 630 sont bien rares… Oui, ce semi-rigide est à n'en pas douter l'unes des bonnes surprises de l'année dans le segment ultra concurrentiel des 21 pieds. Une qualité de réalisation au-dessus de la moyenne, une conception intelligente, une capacité d'accueil remarquable et une carène qui s'annonce plutôt efficace dans le clapot, avec à la clé, un prix package assez persuasif.




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