Essai Marlin 540 dynamic

Collectionneur de bons points

Pas de doute, le plus modeste des Marlin Boat est un bon élève. Avec ses 5,40 m, il parvient à tirer profit d'un plan de pont bien étudié dans l'optique des sorties en famille, et de sa carène efficace dans la vague pour donner du plaisir à son pilote et du confort à ses passagers. Sans parler de sa silhouette qui le distingue de la concurrence…

Texte et photos Philippe Leblond


 17 820 € sans moteur (tarif 2012)
 5.4 m
 8
 27,1 nds avec Yamaha 60 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 91 Septembre/Octobre 2012



Pas de doute, le plus modeste des Marlin Boat est un bon élève. Avec ses 5,40 m, il parvient à tirer profit d'un plan de pont bien étudié dans l'optique des sorties en famille, et de sa carène efficace dans la vague pour donner du plaisir à son pilote et du confort à ses passagers. Sans parler de sa silhouette qui le distingue de la concurrence…
Texte et photos Philippe Leblond
Les semi-rigides de ce constructeur italien se distinguent par une ligne de flotteurs originale (copiée depuis par Sea Hawk et Zodiac). Ceux-ci forment une "teugue", inspirée de celle des bateaux de pêche sportive américains. D'ailleurs, son nom et son logo à l'effigie du poisson le plus courtisé des pêcheurs de gros vont de pair. Outre un cachet stylistique singulier dans l'univers du semi-rigide, cette courbe ascendante à l'étrave permet de mieux dégager la carène, pour la laisser travailler la vague plus profondément et de générer une profondeur de cockpit réconfortante pour les passagers, notamment ceux qui naviguent avec de jeunes enfants.
En dehors de ce flotteur particulier, le 540 possède un plan de pont plutôt classique, à un détail près : sa banquette de poupe (qui est aussi celle de pilotage), dont l'assise se prolonge vers l'arrière formant un petit solarium à destination d'un ou deux enfants, les adultes se réservant le bain de soleil de proue, plus spacieux. Généreux, le 540, plus petit Marlin d'une gamme qui s'étend jusqu'à 11,60 m, offre deux plates-formes de bain rapportées qui dépassent largement l'extrémité des flotteurs. Sur celle de bâbord repose une petite échelle inox télescopique qui prend place dans une empreinte moulée. Le faisceau des câbles moteur va se dissimuler sous le plancher à partir du bac moteur. De part et d'autre de la banquette, le module polyester forme deux plats-bords antidérapants permettant d'embarquer par le côté ou de se rendre à la baignade sans piétiner la sellerie. Deux vide-vite, situés à la base de la banquette, assurent l'assèchement du cockpit, tandis que le fond de coque, accessible par l'immense cale arrière, recourt à une pompe de cale électrique. Dommage qu'il manque dans ce profond et large coffre de poupe, un caillebotis permettant de stocker des affaires, au-dessus du fond de cale, toujours humide… Mais, malgré cette critique, il faut reconnaître au Marlin son exceptionnel volume de rangement pour un semi-rigide de cette dimension. Car à cette cale, s'ajoute un vaste coffre à l'avant, dont l'ouverture est elle aussi assistée par vérin à gaz. Le corps de la console ajoute encore un espace de rangement supplémentaire. Quant au mouillage, il prend logiquement place dans un coffre situé dans la pointe avant, le matelas de bain de soleil articulé en facilitant l'accès.
Autre point fort de ce petit semi-rigide, la facilité de circulation à bord grâce à deux passavants généreux de part et d'autre d'une console pourtant assez large et offrant, sur l'avant, une quatrième vraie place assise. Notons enfin la présence de trois solides taquets inox pour l'amarrage, celui de la petite delphinière, fixé dans l'axe du davier, servant aussi au mouillage.
Concluant au ponton, le Marlin 540 est-il à la hauteur en navigation ? Après quelques runs en tous sens, dans une mer changeante (tantôt presque lisse dans la "Baie des Anges", tantôt bien creusée au large du cap d'Antibes), le verdict est positif. Le passage dans la vague est aussi confortable qu'il peut l'être pour un bateau de moins de 6 mètres, avec une carène assez douée pour amortir les impacts en réception de sauts, et à l'aise dans toutes les directions de vent. La tenue de cap, même trimé à plein régime, est sereine, et ne donne aucun signe de roulis. L'assiette longitudinale est vite rassurante et autorise une mise en main rapide du bateau. Idem en virage, où le 540 enchaîne les évolutions avec précision et un grip régulier, autant à gauche qu'à droite.
Sain, docile et ludique, même avec seulement 60 chevaux, le Marlin ne fait pas de miracle en termes de performances. Il est vrai qu'on est encore loin de la puissance maxi (115 ch)… Avec le Yamaha BF60, deux personnes à bord et un demi plein de carburant, on devra se contenter de 27,1 noeuds en pointe et de vitesses de croisière un peu basses à notre goût (entre 15 et 21 nœuds), compte tenu du potentiel de la carène. Pour des sorties en famille ou du ski nautique, nous conseillons clairement de passer à 80 ou 90 ch. Au-delà, la carène ayant une belle propension à s'aérer, nous ne sommes pas certains que le pilotage ne devienne pas un peu pointu…



photo Marlin 540 dynamic


photo Marlin 540 dynamic


photo Marlin 540 dynamic


AU PONTON
Accueillant est le premier mot qui vient à l'esprit lorsqu'on embarque sur le 540. Ses deux solariums seront appréciés des amateurs de bronzage et sa capacité de rangement est assez exceptionnelle pour un bateau de sa longueur. Autre point positif : la circulation à bord, fluide et sûre. Par contre, il est dommage que la grande soute de la poupe ne soit pas isolée par un plancher sur lequel poser les affaires.




EN MER
Bien que vivant à la barre, le Marlin est quand même pénalisé en termes de performances avec seulement 60 chevaux, même avec deux personnes à bord. Pour naviguer en famille il sera préférable de rajouter quelques watts. La carène les supportera sans mal.




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