Essai MV Marine Mito 45

Long courrier

Avec ses deux diesels de 370 ch, ce semi-rigide XXL est capable de partir en croisière loin de ses bases, en offrant tout le confort nécessaire à la grande croisière pour deux personnes. Son vaste pont, bien aménagé, est aussi très agréable pour une sortie à la journée.

Texte et photos Philippe Leblond


 457 000 € avec 2 x Volkswagen 370 ch diesel
 13.8 m
 18
 42,7 nds

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Essai paru le 21/09/2017



Présenté pour la première fois au grand public à l’occasion du Salon de Gênes 2015, il a fait ses débuts en France lors du Cannes Yachting Festival 2016, où nous avons pu en prendre les commandes. Le Vesuvus 35 (10,75 m x 3,57 m), qui a longtemps assumé le rôle de modèle-amiral du chantier de Sorrente, cède donc son titre à un jeune frère encore bien plus imposant (13,80 m x 4,18 m). Construit en infusion avec sandwich, comme tous les MV Marine, ce 45 pieds affiche un poids relativement contenu au regard de son gabarit. Un poids qui pourrait être encore revu à la baisse avec une motorisation essence… Mais, considérant son domaine d’utilisation prioritaire, à savoir la croisière ou les longues navigations, le choix du diesel (consommation inférieure, allures de croisière plus élevées) s’avère cohérent.

*Au ponton*
Embarquer par l’arrière est un jeu d’enfant tellement la plage de bain est spacieuse. Raffinement rare pour un semi-rigide, même de cette taille, le Mito 45 déploie une passerelle télescopique (bâbord), dissimulée dans la plate-forme, évitant d’avoir à tirer sur les amarres pour approcher le bateau du quai. L’échelle de bain se situe à bâbord, mais la surprise vient de la présence d’une assise deux places, associée à la plate-forme. Autre détail intéressant : l’accastillage d’amarrage coffré dans les hiloires de cockpit, avec des amarres toutes prêtes commandées par des winches électriques. Voilà qui est digne d’un yacht ! Pour se rendre facilement dans le cockpit, il suffit d’emprunter le passage latéral suivi de quatre marches. L’immense cale moteurs s’ouvre électriquement à l’aide d’un puissant vérin. La place ne manque pas, au point que l’on trouve, en avant des deux diesels allemands, un grand bac de rangement. Une épaisse couche de matériau isolant revêt les parois et le capot. Toujours dans cette partie arrière, comment ne pas évoquer le confortable carré avec sa longue banquette en U pour huit convives, autour d’une grande table en bois verni montée sur deux pieds. Celle-ci fait face à une kitchenette bien équipée : plaque de cuisson, évier, double réfrigérateur avec ses huit grands tiroirs en inox. Ce bloc-cuisine, comme très souvent, est adossé aux sièges de pilotage, en l’occurrence deux baquets avec demi assise relevable pour barrer, au choix, assis ou debout. Depuis l’année dernière, MV Marine propose un grand hard-top optionnel (environ 15 000 €) qui vient couvrir jusqu’au carré et intègre un écran de TV de 22 pouces escamotable. Il sert aussi de support à un grand taud de soleil, à même ombrager le solarium arrière. Malgré la porte de cabine, le tableau de bord est spacieux, permettant d’insérer, côte à côte, deux grands écrans Raymarine et l’instrumentation des moteurs d’origine Mercury comme les commandes électriques et le joystick de manœuvres qui actionne les transmissions Bravo 3.

Pour se rendre sur le pont avant, de très larges passavants sécurisés par les mains courantes du rouf de cabine font parfaitement l’affaire. On apprécie au passage de fouler le teck à joints clairs, impeccablement posé. Par contre, nous ne sommes pas fans des taquets repliables (deux de chaque bord), fixés à même le plancher. Dans l’urgence de tourner une amarre sur ces taquets, il existe un réel risque de se coincer les doigts… Nous préférons les modèles classiques, à l’exemple de ceux fixés sur la delphinière qui supporte le guindeau et l’ancre, à poste sur son davier basculant.

Terminons notre visite par la cabine. S’il y a la hauteur sous barrots à l’entrée et dans la salle d’eau, ce n’est pas le cas au-dessus de la couchette, sous laquelle on trouve deux tiroirs de rangement bien pratiques e l’absence d’équipets latéraux. Par contre, allongé, on a vue sur la mer grâce aux bandeaux vitrés qui percent la coque sur chaque bord. Une tendance venue d’unités plus grosses (yachts, vedettes) et qui gagne les grands semi-rigides habitables. A l’entrée de la cabine, un meuble de bois clair intègre un four micro-ondes et - Italie oblige ! – une machine à faire l’expresso. Le cabinet de toilette est vraiment agréable, avec son grand hublot d’aération et son miroir qui ajoute de la profondeur visuelle. Lavabo, WC et douche y sont réunis dans un même espace. Remarque : à bord d’une telle unité, on aurait bien aimé une cabine de douche… Mais, la penderie et ses placards, situés entre la salle d’eau et la couchette (un vrai petit dressing), nous font pardonner ce manque. D’aucuns reprocherons à ce 45 pieds de ne proposer qu’une cabine, ou en tout cas une seule couchette double, mais, avec deux cabines, la ligne sportive du Mito 45 ne serait pas ce qu’elle est…

*En mer*
Dans une baie de Cannes remuées par les multiples sillages des bateaux sortant du Yachting Festival, le Mito 45 navigue rapidement en gommant les impacts de sa carène au profil incisif, dotée de deux redans et de fines virures remontant sur l’étrave. Le poids aidant, la navigation est confortable, bien en rapport avec la destination de la « bête ». Mais, l’atout le plus flagrant du grand MV Marine est son autonomie longue distance et ses allures de croisière élevées (entre 25 et 35 nœuds). Ceci grâce au choix des diesels, en l’occurrence, deux V6 Volkswagen de 370 chevaux chacun qui feront apprécier leur sobriété, même à proximité du régime maxi, auquel le Mito passe allègrement les 40 nœuds (42,7 nds avec deux personnes et 365 l de carburant à bord). Bien que n’ayant pu relever des chiffres de consommation, nous évaluons son rayon d’action à environ 350 milles, sans besoin de passer par la pompe à carburant. La capacité importante du réservoir qui peut fournir aux moteurs 1 200 litres de gazole y est aussi pour beaucoup. Rendez-vous compte que le Mito 45 est capable de faire un aller-retour continent/Corse, tour de l’Ile de Beauté compris, sans ravitailler ! Pas besoin d’aller faire la queue aux stations carburant, encombrées en haute saison… Car, le véritable programme du Mito tient dans les longues navigations et les nuits passées dans les mouillages retirés, à l’écart du tourbillon estival. De ce point de vue, le choix d’une motorisation diesel est justifié.

Hormis, l’espace que demande ce grand semi-rigide pour virer à vitesse élevée (même en braquant serré et réduisant le régime du moteur intérieur au virage), et la nécessité d’anticiper ce large rayon de giration, sa prise en main est d’une grande facilité, grâce à une assiette et à un cap bien stables, à des réactions progressives et à une barre douce et précise. Aux régimes de croisière, l’isolation phonique du compartiment-moteurs est satisfaisante, et il n’est pas besoin de monter le ton pour discuter entre passagers. Autre point intéressant, le Mito déjauge relativement vite (merci le double redan !) pour un 45 pieds propulsé par des diesels (temps de mise en action des turbos), et la quasi absence de cabrage dans la phase de transition (passage de l’allure « déplacement » à « planante ») est d’autant plus appréciable que le champ de vision du pilote vers l’avant n’est pas masqué. De retour au port, on constate aussi sa facilité à manœuvrer dans des espaces réduits, comme le traduit notre chrono d’évitage sur 180° : 16 secondes. Il est vrai, avec le concours du joystick qui guide les deux embases Mercury Marine Bravo 3 XL, à double hélice contrarotative. Pour ce qui est du choix de la puissance, celle de notre bateau d’essai nous paraît bien adaptée.



photo MV Marine Mito 45


photo MV Marine Mito 45


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