Essai Pirelli (Tecnorib) Pzero 1100 Cabin EFB

Une classe à part…

Pas de doute, ce Pirelli est un "pneu" haut de gamme. Il présente un plan de pont raffiné et convivial, ainsi qu'une cabine offrant de pratiquer la croisière en couple. Dans cette optique, sa puissante motorisation autorise la quête de mouillages lointains. Mais, surtout, ce grand cabin-cruiser se signale par un style très personnel, le style "Pirelli".

Texte et photos Philippe Leblond


 222 000 € avec 2 x 250 ch (tarif 2016)
 11.37 m
 12
 47,9 ndsavec 2 x Mercruiser 320 ch
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Paru dans le Pneumag n° 89 mai/Juin 2012



La forme caractéristique de son hard-top vaut mieux qu'un long discours. Voilà l'un des symboles du style Pirelli. Inauguré il y a quelques années sur le modèle amiral de la gamme (12 semi-rigides de 4,25 à 13,65 m), le sublime Pzero1400, cette "casquette" (en carbone verni SVP !) qui surmonte le poste de pilotage en formant un angle frontal, procure un dynamisme étonnant à la silhouette du bateau, tout en lui donnant une identité visuelle forte. On pourrait aussi ajouter le grand sigle "P." et le motif en forme de bande de roulement de pneu d'automobile, situé à mi-longueur des flotteurs rappelant l'accord qui lie Pirelli, le célèbre manufacturier du Pzero, à Tecnorib, le chantier qui construit ses semi-rigides. Terminons par l'alliance gris/rouge véritable code couleur des bateaux de la marque italienne… Fidèle aux autres modèles de la gamme, le Pzero 1100 Cabin suivi des initiales EFB ("entrofuoribordo" pour "in-board") reprend ces signes esthétiques et affiche d'emblée une "sacrée" gueule".
Mais revenons à la présence de cette cabine qui étend son utilisation à la croisière, grâce à un confort qui n'a pas grand-chose à envier à celui d'une vedette rigide de même longueur. Nous en voulons pour preuve les 1,85 m sous barrots que l'on trouve au bas de la descente (plancher en vrai teck) et dans la salle d'eau qui réunit lavabo, douche et WC, où encore la surface de couchage (coffres sous le matelas, équipets latéraux ouverts) et les placards en bois clair (chêne verni satiné) offrant un bon volume de rangement. Par souci de facilité d'entretien, les cloisons ne sont pas vaigrées, mais présentent un gel-coat brillant impeccable. Une sono Fusion (lecteur MP3) et une VHF fixe sont intégrées dans le meuble situé à gauche en entrant. Une petite critique : le capot de pont, un peu étriqué pour une bonne ventilation de la cabine.
Réussie, la cabine est en concurrence avec un "adversaire" de qualité : l'aménagement extérieur. Vaste, le pont du Pzero 1100 (3,54 m de large !) met en évidence les avantages de la motorisation in-board. Malgré tout l'intérêt que nous vouons au hors-bord, force est de reconnaître que la silhouette gagne en fluidité, comme la circulation à bord, avec ce large passage entre les deux solariums et la plate-forme de bain très spacieuse. Une vraie "plage privée" lorsque vous y étalez votre drap de bain, sur le teck, au ras des flots… Et à l'heure du déjeuner, l'immense carré en U et ses deux blocs cuisine (frigo, évier, plans de travail, cambuse, supports de verres…) savent prendre soin des convives. Autres points forts du Pirelli, sa capacité de stockage, avec outre les rangements de la cabine, ceux des banquettes (contenant, à portée de main, un gonfleur électrique et les quatre coupe-batterie) et l'ample ouverture de la cale moteurs par vérin électrique. Appréciables aussi les passavants en teck (bien adhérents) qui donnent accès au grand solarium avant et au mouillage par guideau électrique télécommandé, l'ancre reposant dans son écubier d'étrave.
Après le teck, c'est aux V8 de se mettre en évidence. Un tour de clé et les deux blocs d'origine General Motors émettent un bref grognement suivi d'un léger feulement. Premier constat, au ralenti, ces gros huit cylindres essence de 6,2 litres ne font guère plus de bruit que du hors-bord. Pour extirper ce grand semi-rigide de sa place au port Camille Rayon (Golfe-Juan), il est agréable de pouvoir jouer sur les deux inverseurs, car l'espace n'est pas généreux. Nous partons sous le regard envieux des badauds qui arpentent les quais occupés par des vedettes et yachts de luxe. Il est vrai que le Pirelli 1100 ne dépare pas. Le balisage des 300 m est maintenant derrière nous, les mécaniques sont en température, il n'y a plus que pousser les commandes DTS (électriques). Le déjaugeage s'effectue pratiquement sans cabrage et il n'est pas évident de relever un chrono. Nous retiendrons 5 secondes comme point de repère, les 20 nœuds étant atteints une seconde plus tard. Pas mal, avec des embases Bravo 1 (simple hélice) ! Déduction, ça pousse, mais sans qu'on en est vraiment l'impression. Les presque cinq tonnes (en ordre de marche) planent sans effort apparent sous la poussée des gros Mercruiser qui représentent la puissance maxi autorisée (la même qu'en diesel), de même qu'en raison du pare-brise et du hard-top hyper protecteurs, l'impression de vitesse est nettement atténuée. Aussi, lorsque notre GPS frôle les 48 nœuds, on a du mal à le croire. L'impression de confort et de sécurité est totale sur le petit clapot, mais un peu plus au large, dans la houle de 80 cm, quelques impacts font résonner la structure. Il est vrai qu'à cette vitesse et avec un trim positif généreux, nous ne sommes plus dans la norme d'utilisation de ce type d'unité. Bien sûr, pour un plaisancier qui va "mettre" plus de 200 000 € dans ce bateau, notre couplet sur la consommation peut paraître déplacé, mais force est de reconnaître que les rendements, en comparaison d'une paire de hors-bord de puissance voisine, sont plutôt bons, notamment dans les moyens et hauts régimes. Pour la croisière, nous retiendrons la plage de 3 000 tr/min (26,2 nds) à 4 000 tr/min (35,2 nds) ce qui situe bien le potentiel de "bouffeur de milles" de la bête.
Pour ce qui est du plaisir à la barre, il est d'autant plus réel que, malgré son gabarit impressionnant, le Pirelli se montre docile et on ne peut plus manoeuvrant. Enroulant les virages "comme un vélo", il témoigne d'un guidage précis de sa quille avec une inscription franche et un bon grip (le contraire serait un comble quand on s'appelle "Pirelli" !) ainsi que des relances efficaces, la motricité n'étant pas prise en défaut, même lorsqu'on remet plein gaz volant braqué. Signalons toutefois que la tenue de cap à fond, bien trimé, perd un peu de sa superbe. Mais tel quel, ce 1100 Cabin, aux commandes duquel le pilote est parfaitement installé, debout ou assis (leaning-post réglable en hauteur électriquement !), est bien agréable à mener.



photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 1100 Cabin EFB


photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 1100 Cabin EFB


photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 1100 Cabin EFB


photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 1100 Cabin EFB





CONCLUSION
Que dire devant un tel semi-rigide ? Qu'il est beau, qu'il est confortable, qu'il est performant, qu'il fait rêver ? Assurément, tout cela est vrai, même si on décèle, ici ou là, quelques imperfections… Pour en terminer, disons que nous serions curieux d'essayer le Pzero 1100 Cabin avec une paire de diesel 270 ch, puissance et énergie qui nous semble encore mieux en adéquation avec son programme de croisière.




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