Essai Pirelli (Tecnorib) Pzero 880 Sport FB

Un zest de sportivité en plus

Dérivée de la version in-board, cette déclinaison hors-bord affiche un tempérament un peu plus fougueux. Les performances sont voisines, mais le compresseur volumétrique qui dope les Verado ajoute un soupçon de sportivité à un semi-rigide dont la philosophie est d'abord de se rendre confortablement sur les mouillages idylliques.

Texte et photos Philippe Leblond


 74 400 € sans moteur (tarif 2016)
 9.02 m
 12
 46,7 nds avec 2 x Mercury Verado 200 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 100 Mars/Avril 2014



Il y a deux ans, nous avions fait l'essai du 880 Sport EFB, c'est-à-dire avec une propulsion in-board (2 x Mercruiser 220 ch) à embases stern-drive, et obtenu de belles performances, notamment en accélération. Des chiffres (2"9 au déjaugeage, 4"6 de 0 à 20 nœuds) nettement meilleurs que ceux réalisés dans le présent essai avec la version hors-bord de ce semi-rigide aux larges épaules.
Nous serions donc tentés de dire que le poids des deux Verado 200 ch, en porte-à-faux sur le tableau arrière ne favorise pas la mise en vitesse. D'ailleurs, le 880 Sport EFB plane beaucoup plus facilement que le 880 Sport FB : 11,2 nœuds contre 16,6 nds…
D'où la conclusion d'un arrière plus chargé ? C'est fort possible car, dans le cas du in-board, les moteurs sont placés en avant du tableau arrière et en fond de coque, donc plus bas. Ce qui n'empêche pas le Sport FB de faire mieux en vitesse de pointe avec 40 chevaux de moins (46,7 nœuds contre 44,9 à l'EFB).
Quoi qu'il en soit, le nouveau venu, chargé de ses deux Verado 200 ch affiche un bel équilibre longitudinal, que nous avons pu valider en sautant presque à la vitesse maxi, le sillage profond d'un gros yacht. Assiette proche de l'horizontale, réception bien en ligne, reprise énergique des deux Mercury… Rien à dire.
Du point de vue des rendements, les deux types de motorisation font sensiblement jeu égal. Si le FB signe le meilleur ratio mille/litre à 3 000 tr/min soit 19,7 nœuds, l'EFB fait légèrement mieux en croisière rapide à 35 nœuds. Il n'en reste pas moins que le Pirelli hors-bord est plus sportif dans son pilotage, plus vif dans ses réactions, générant plus de sensations et se montrant aussi maniable en virage que le in-board, adoptant la même gîte intérieure modérée, le même grip régulier, synonyme de trajectoire précise.
Pour ce qui est du physique, celui des deux Pirelli est des plus avantageux, grâce à un style moderne et audacieux, ainsi qu'à une identité forte. Celle-ci se traduit par une forme de console caractéristique, avec pare-brise profilé formant une avancée à sa base, un nez carré octroyant un espace de pont supplémentaire dans la partie avant, une sellerie rouge vif, et des flotteurs gris ornés de l'énorme "P" de Pirelli et d'un motif en forme de bande roulement de pneu, clin d'œil à la manufacture automobile. Le modèle hors-bord qui arrive sur le marché est calqué sur la version in-board, et comme toujours dans ce cas, il gagne d'un côté ce qu'il perd de l'autre, à savoir une grande cale de rangement (où étaient montés les Mercruiser) et une belle plate-forme de bain, à cause de la chaise de fixation des hors-bord. Rassurez-vous, deux petites plates-formes à l'accès facile sont là pour vous guider jusqu'à la baignade. Celle de bâbord intègre une échelle. D'un point de vue plus subjectif, il est permis de préférer la poupe plus fluide du Sport EFB…
Pour le reste, on a affaire aux deux mêmes semi-rigides, larges d'épaules, très habitables, bien assis sur l'eau au mouillage et "réchauffés" par un pont habillé de teck massif. Une remarque tout de même, la longueur à la flottaison du FB est supérieure à celle de l'EFB, considérant que la chaise moteur qui dépasse nettement des cônes des flotteurs, est en quelque sorte le prolongement de la coque. Ce n'est pas que le FB gagne en habitabilité mais peut-être compensera-t-il, en mer formée, une moins bonne répartition initiale des masses. On notera avec satisfaction la présence de quatre taquets d'amarrage bien dimensionnés (deux à l'avant, deux à l'arrière) et de nombreuses mains courantes inox, à l'exception de celle qui manque au tableau de bord à l'attention du copilote. Toujours concernant l'accastillage, le cabriolet fixé sur rails permet d'ombrager la partie du cockpit que l'on désire, puis une fois replié, il trouve place sous la banquette arrière dont la base est percée pour l'accueillir. Bien vu ! Il n'y a pas à dire, ce PZero 880, que ce soit en hors-bord ou in-board, possède un charme indéniable .



photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 880 Sport FB


photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 880 Sport FB


photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 880 Sport FB


Au ponton : Lorsqu'il arrive à quai, c'est l'attroupement ! Le look Pirelli capte le regard, celui des curieux comme des connaisseurs. Le plan de pont est bien balancé, et même si c'est un peu normal sur un semi-rigide de neuf mètres, on y circule avec une grande facilité. Et l'on apprécie la capacité de rangement, largement suffisante pour un équipage nombreux, surtout que cette version hors-bord se réapproprie la soute arrière vouée aux moteurs sur le modèle in-board. L'ouverture de chaque coffre est assistée par des vérins à gaz. Et la sellerie rouge vif qui les recouvre ne demande qu'à participer à la détente des passagers, que ce soit pour un bain de soleil ou le temps d'un repas. A cet égard, on peut reprocher au chantier de compter la table de carré (elle sert aussi d'allonge au solarium) parmi les options.




En mer : Rapide, stable, même à pleine vitesse, très maniable en virages larges ou serrés, ce Pirelli est d'une prise en main facile et rassure tout de suite son pilote. La bimotorisation totalisant 400 chevaux ne doit pas faire peur, elle est parfaitement tolérée par le 880 Sport FB et lui convient d'ailleurs très bien avec un rendement de 0,67 m/l à 3 000 tr/min. De quoi croiser à 20 nœuds, sans trop consommer. Pour les accros de la performance, il reste la possibilité d'opter pour la puissance maxi soit 2 x 250 ch, avec la barrière des 50 nœuds à portée d'accélérateurs. Mais, croyez-nous, le 880 Sport EFB marche déjà fort avec 2 x 200 ch ! Nous pensons même qu'il pourrait se contenter de 2 x 175 ch, mais pas moins…




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