Essai Pirelli (Tecnorib) Pzero 1400 FB

Fulgurante Beauté !

Avec sa carène longue et racée, nourrie aux gênes de l'offshore, ce semi-rigide XXL dessiné par les Mannerfelt père et fils fait valoir une ligne fulgurante et un niveau de performance exceptionnel. Bateau de jour majuscule, il l'est aussi par le confort déployé par son sundeck, parfaitement agencé, et la pureté de ses lignes qui font tourner plus d'une tête.

Texte et photos Philippe Leblond


 378 000 € sans moteur (tarif 2016)
 13.79 m
 24
 52,9 nds avec 3 x Mercury Verado 300 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 102 Juillet/Août 2014



Avec une telle plastique, la plus grande unité de la gamme bateaux de Pirelli mériterait de poser dans le célébrissime calendrier du manufacturier automobile ! A sa première apparition au Salon de Gênes, le style de ce semi-rigide a tapé dans l'œil de tous les visiteurs, néophytes ou experts… Sept ans après, la séduction opère toujours… Ce Pirelli est, avec les semi-rigides de l'Anglais Pascoe, celui qui a poussé le plus loin la notion de design, conférant à son esthétique plusieurs années d'avance, sans véritablement user des effets en vogue, comme ceux, sans doute moins pérennes, du "egde-design" (courant basé sur la multiplication d'arrêtes vives). Une franche réussite !
Cette version hors-bord, lancée l'année dernière (le 1400 Sport existe aussi en bimoteur in-board) reprend en tous points le plan de l'EFB, hormis bien sûr à l'extrémité arrière. Les moteurs, qui étaient placés sous le solarium, ont ici laissé place à une cabine dotée d'une petite couchette double et de rangements, tandis que la vaste plage de bain s'est muée en une monumentale chaise moteurs pour les trois Verado. Pour le reste, on retrouve ce cockpit très architecturé, avec quatre zones distinctes encadrant le "centre nerveux" qu'est le poste de pilotage. Ce pont ultra organisé compte trois beaux solariums, offrant une surface cumulée de 11 m2 ! Et cela, sans pénaliser la circulation d'une extrémité du pont à l'autre, à l'image du chemin central de la poupe (70 cm de large !) qui mène à la baignade ou de celui qui conduit au grand solarium avant. Le salon de pont arrière, avec ses deux grandes tables et la kitchenette attenante, la console qui abrite un WC marin (hauteur 1,65 m) en font un bateau particulièrement agréable à vivre, pour les sorties à la journée.
Nous ne pouvons pas dresser de comparaison avec la version EFB (in-board) du 1400 Sport, ne l'ayant jamais essayée. Par contre nous pouvons dire combien nous avons apprécié de prendre les commandes du modèle hors-bord. Ce dernier peut recevoir trois moteur de 350 ch, soit 1 050 ch maxi, contre 2 x 430 ch (860 ch) à la version EFB (in-board) et exprime sans doute plus de sportivité grâce à la vigueur des compresseurs équipant les Verado. Pourtant, le chrono de déjaugeage, en dépit d'un cabré inexistant (pas de perte de visibilité vers l'avant), s'avère un peu laborieux (6"4)… C'est souvent le cas avec les Verado, le temps que le compresseur entre en action. Mais, dès que ce dernier apporte sa contribution, les passagers sont "collés au siège" ! L'accélération des trois 300 ch est impressionnante, et ce jusqu'au régime maxi. Mais pour bien goûter la spécificité de cette carène signée de l'architecte naval suédois, Ocke Mannerfelt, il n'est pas besoin de pousser les gaz à fond. Les deux redans décrochent les filets d'eau et libèrent la carène du 1400 Sport sans effort, le bateau accélérant même lorsqu'on réduit les gaz, comme sur la plupart des offshores, lorsqu'ils parviennent au planning. Une sensation très agréable pour le pilote qui a ensuite tout loisir d'ajuster son allure de croisière. Et avec une V-max de près de 53 nœuds, la plage de régimes disponibles est des plus larges. Dès 2 100 tr/min (12 nœuds), le Pirelli hydroplane et jusqu'à 5 000 tr/min, soit 40 nœuds, ses rendements sont à peu près similaires. Difficile néanmoins de parler de croisière économique avec moins d'un quart de mille par litre d'essence consommé… Mais, derrière, il y a quand même 900 chevaux ! Avec la puissance maxi autorisée – on pourrait monter les Verado 350 Sci – la vitesse de pointe approcherait sans doute les 60 nœuds, mais notre sentiment c'est que la monte de l'essai est tout à fait satisfaisante. On pourrait aussi choisir 2 x 350 ch, et signer des performances enocre dignes de l'identité sportive du 1400 Sport. La mer, calme le jour de notre essai, n'a pas permis de jauger le comportement marin de ce pur-sang qui avalait le petit clapot sans ciller. Par contre, on a pu apprécier la réactivité de la barre et son étonnante évolutivité pour 14 mètres.
Alors nous direz-vous, ce Pirelli n'est pas à la portée de toutes les bourses. C'est vrai, avec le trio de Verado équipé du Jostick Piloting, l'addition va tutoyer le demi million d'euros… Et, s'il vous reste un peu de marge (financièrement), vous pourriez opter pour la version "Carbon", encore plus sportive, ou "Cabin", avec un programme de croisière à la clé.



photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 1400 FB


photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 1400 FB


photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 1400 FB


photo Pirelli (Tecnorib) Pzero 1400 FB


Au ponton :
Sur le pont, l'espace ne fait pas défaut. Normal, nous direz-vous, sur un semi-rigide de cette dimension. Mais, on se plaît à imaginer sa capacité d'accueil : on pourrait y asseoir confortablement 12 personnes, tandis que sept autres s'adonneraient à un bain de soleil ! Si Ocke Mannerfelt est l'auteur de la carène du 1400 Sport, c'est à son fils Ted qu'il doit ses admirables superstructures, et notamment ce hard-top profilé si caractéristique qui intègre le pare-brise. Tout en restant discrète, la console possède un volume suffisant pour un spacieux cabinet de toilette, avec WC marin, lavabo et chauffe-eau. Ainsi, la douche de pont bénéficie aussi de l'eau chaude… Standing oblige, l'équipement de série est généreux : bloc-cuisine avec évier, minibar, frigo et glacière, pont en teck, triple bolster pilote et copilotes à assise électrique, tables de pique-nique, bimini à arceau carbone, gonfleur et guindeau électriques, avec ancre.




En mer :
A défaut de trancher dans la houle, pour cause de beau temps, nous avons pu apprécier les trajectoires au laser dessinées par cette carène performante (23° au tableau arrière, 40° à l'étrave), rigidifiée et allégée grâce à une construction en sandwich Divinycell, barrée de deux redans à mi-longueur, héritage du passé de pilote d'offshore d'Ocke Mannerfelt. Malgré sa longueur et son trio de puissants hors-bords, le Pirelli se manie comme un "vélo". La barre est comme connectée à la quille. Une fois lancé, il fait parler toute sa puissance, avec des reprises musclées et un éventail d'allures de croisière particulièrement large, entre 3 000 et 5 000 tr/min (de 18 à 40 nœuds). De Cannes, où s'est déroulé notre essai, Calvi n'est qu'à 2 h 30 min ! Les 50 nœuds à plein régime sont aisément franchis, en faisant appel à un réglage de trim modéré, grâce à la réduction de surface mouillée opérée par le double redan.




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