Essai paru le 26/10/2026
À l’occasion de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le motoriste Suzuki et le constructeur de semi-rigides en aluminium Highfield ont renouvelé une association déjà éprouvée en 2022 et nous ont offert l’opportunité de valider cette union et d’aller rencontrer quelques navigateurs lors d’une visite du village de la course et d’une balade sur les bassins de Saint-Malo.
Texte : Christophe Varène – Photos : Christophe Varène et DR
La tempête Austen n’était pas encore passée sur nos côtes que déjà l’ouverture du village de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe était repoussée à 14 heures en cette journée ventée du mercredi 21 octobre. Pas question cependant de décourager les équipes Highfield et Suzuki présentes sur place afin d’organiser une visite du site de la course et des entrevues avec certains participants. L’après-midi est donc intense avec tout d’abord un tour des différents bassins du port de Saint-Malo pour admirer les 115 voiliers inscrits et amarrés le long des quais, depuis la veille pour les derniers arrivés.
Sur les Ultim, une navigation exigeante
Dans le bassin Vauban, sont amarrés les classes Ultim, Class40 et Vintage Multi. Impressionnants par leur nombre et par les évolutions architecturales qu’ils présentent, les Class40 composent une palette de couleurs chamarrée. Les Vintage Multi, s’ils se font plus discrets, n’en sont pas moins attirants avec la présence de grands noms de la voile que sont, entre autres, les skippers Roland Jourdain, Marc Guillemot ou Francis Joyon. Il faut aussi noter dans cette catégorie la présence de Charlie Capelle, doyen de la course, qui, à 71 ans, participe pour la 7e fois à l’épreuve à bord d’A Capella, en classe Vintage Multi, le bateau qu’il a construit, inspiré par celui du vainqueur de la première édition Mike Birch.
Mais ce sont surtout les Ultim qui fascinent le plus : ces géants de 32 m de long sur 23 de large forment une flotte record en étant huit au départ. La lutte s’annonce acharnée entre les favoris dont Charles Caudrelier, tenant du titre, à bord de son tout nouveau Maxi Edmond de Rothschild, véritable concentré des dernières innovations technologiques. Il aura face à lui des unités plus éprouvées dont les performances et les skippers sont connus : Tom Laperche à bord de SVR Lazartigue, Armel Le Cléac’h sur Maxi Banque Populaire XI et Thomas Coville sur Sodebo Ultim 3. Un coup d’œil à bord de ce dernier fait comprendre l’exigence de la navigation sur ces bêtes de course : l’espace est plus que restreint, avec une zone de manœuvres proche des énormes winches actionnés depuis les moulins à café dont les démultiplications laissent songeur – c’est à peine si l’on voit tourner le tambour du winch avec la vitesse d’entraînement la plus facile, tant il va doucement. Dans le cockpit situé en avant du mât, une spécificité de ce trimaran, on trouve aussi une zone de vie comprenant la table à cartes – deux fauteuils ergonomiques placés devant plusieurs écrans -, une bannette dessinée sur mesure pour Thomas Coville et un réchaud pour la cuisine. Les autres concurrents sont aussi à l’affût pour tirer leur épingle du jeu : Anthony Marchand sur Actual Ultim 4, Louis Burton sur Ultim Armand Thierry et Guirec Soudée sur Liamm. Il en manque un… ou plutôt une puisque – pour la première fois, une femme participe dans cette classe majuscule : Alexia Barrier mène Idec Sport – CIC, un trimaran avec lequel elle détient, depuis l’an passé, le record autour du monde avec un équipage 100 % féminin. Faites-lui confiance pour ne rien lâcher.
Votre semi-rigide Highfield / Suzuki en édition limitée Route du Rhum – Destination Guadeloupe en édition limitée
À bord de notre Highfield Patrol 860 équipé d’un Suzuki 300 ch, profitons de l’attente pour passer dans le bassin Duguet-Trouin pour jeter un coup d’œil sur ses équipements. Les flotteurs présentent une couleur gris anthracite (Military Fi) surlignée de bandes bleu turquoise (Ibiza Blue) et sont estampillés Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec un gros numéro vers la proue pour marquer l’appartenance à cette série limitée de 58 unités. Le t-top est lui aussi agrémenté du logo de la course et la sellerie présente une robe à deux tons, gris foncé et carbone. Selon les modèles, un guindeau électrique ou une bitte d’amarrage sont installés à la proue, près du davier. Un écran Garmin, de taille variable selon celle du bateau, un sondeur et une VHF complètent l’offre d’équipements à bord, auxquels vient s’ajouter une remorque SunWay. Mais il faut aussi compter sur une belle motorisation Suzuki, qui peut être en 150, 200, 2 x 200 ou 300 ch, adaptée au modèle choisi. Avec l’option des flotteurs bicolores Artic et Ibiza Blue, seule la sellerie change avec une élégante teinte Champagne. Le package est vraiment séduisant lorsque l’on connaît le comportement efficace et sûr des carènes des coques en aluminium Highfield.
Difficile de pronostiquer un vainqueur
En passant dans le deuxième bassin du port de Saint-Malo, au pied de la grande roue, nous continuons de découvrir les coursiers sagement alignés. Il y a tout d’abord les Ocean Fifty, ces trimarans de 50 pieds (15,24 m) très dynamiques, rapides et exigeants pour les marins. Si ces derniers ne sont pas les plus connus du grand public, leur talent est incontestable et, parmi eux, on peut citer Basile Bourgnon sur Edenred, fils de Laurent Bourgnon, double vainqueur de l’épreuve et disparu au cours d’une plongée, Anne-Claire Le Berre sur Upwind by Merconcept, ancienne athlète olympique, et Thibaut Vauchel-Camus sur Solidaires en peloton by Delanchy, habitué aux podiums lors de précédentes éditions. Un peu plus loin, les 22 IMOCA engagés sont alignés devant le Palais du Grand Large et constituent sans doute la catégorie la plus populaire grâce au Vendée Globe, cette course autour du monde en solitaire sans assistance et sans escale qui a lieu tous les quatre ans, en alternance avec la Route du Rhum. Difficile de faire ressortir un vainqueur potentiel parmi ces concurrents, tant les favoris sont nombreux. Même Jérémie Beyou, skipper de Charal et détenteur de deux podiums sur l’épreuve, et Sébastien Simon, à bord de Groupe Dubreuil – Air Caraïbes et troisième du dernier Vendée Globe, rencontrés dans l’après-midi, ne se prêtent pas au jeu. Le premier cité possède un voilier éprouvé qu’il connaît sur le bout des doigts et qui vient de connaître d’importants travaux sur la carène – « Le bateau est beaucoup moins difficile et dur qu’avant, plus facile à mener », dixit Jérémie - ; le deuxième apprivoise un bateau neuf au potentiel de vitesse impressionnant – Sébastien confie : « L’objectif, c’est le Vendée Globe. Là, j’y vais pour apprendre mais… »
Suzuki et Highfield, de parfaits partenaires
Notre parcours se termine par un rapide coup d’œil sur la troupe des treize monocoques engagés dans la classe Vintage Mono. Cette dernière rassemble quelques amateurs éclairés, mais deux noms en ressortent : Jean Le Cam, dit « Le roi Jean », fameux navigateur en solitaire au palmarès impressionnant, sur Alegria, un Swan 59 qu’il a restauré de ses propres mains, et Tanguy Caradec, sur Eurvad, qui n’est autre que le fils du regretté marin Loïc Caradec, disparu lors de l’édition de la Route du Rhum 1986, il y a tout juste 40 ans. Quelle que soit la motivation des uns et des autres, professionnels ou amateurs, à prendre part à cette épreuve mythique, on ne peut que s’incliner devant l’engagement, la force de caractère et la préparation de toutes ces navigatrices et de tous ces marins pour écrire leurs noms sur ce parcours exigeant entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Cette instructive balade au pied des remparts de la cité corsaire se termine et l’on se rend alors compte que le puissant moteur Suzuki 300 ch, certes peu sollicité, s’est fait d’une parfaite discrétion. Une caractéristique que l’on retrouve lors de navigation à haute vitesse et qui font de ce hors-bord le partenaire idéal d’un semi-rigide Highfield et un compagnon de voyage performant et rassurant.
Une offre alléchante
Pour participer à un évènement aussi attractif et populaire que la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, il fallait bien un partenariat de qualité. Le motoriste Suzuki et le constructeur de semi-rigides Highfield proposent donc ensemble des packages sur des unités uniques, numérotées et personnalisées aux couleurs de l’édition 2026. Cette offre concerne 58 bateaux – il n’y en aura donc pas pour tout le monde – allant de 6,60 à 9 mètres, répartis sur les gammes Patrol (660, 700, 760, 860) et Sport (700, 760 et 900). Côté motorisation, les modèles sont équipés de hors-bords Suzuki de 150, 200 ou 300 ch, en simple ou bi-motorisation, avec en général une centaine d’heures d’utilisation, ayant servi pour l’encadrement de la course.
Les bateaux siglés Route du Rhum servent à l’organisation de la course. Ici, ils accueillent l’IMOCA Charal de Jérémie Beyou, un ambassadeur de Suzuki.
Pour assurer les missions d’intervention avec ces voiliers de course, les Highfield – ici, un Patrol 760 équipé d’un 300 ch Suzuki – doivent être marins et dynamiques.
Parmi les 58 unités Highfield-Suzuki de la Route du Rhum, un grand nombre est mis à la disposition de la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) pour la sécurité le jour du départ.
En cette période de l’année, il est nécessaire d’avoir une carène performante pour affronter une mer difficile et un hors-bord réactif.
Les moteurs Suzuki – de 150 à 300 ch – équipent les unités proposées (millésime 2027) et seront donc livrés avec une centaine d’heures d’utilisation.
Dans le bassin Vauban, l’alignement des Ultim est l’une des grandes attractions de cette édition avec huit voiliers engagés.
Sodebo Ultim 3, le trimaran mené par Thomas Coville, bénéficie d’un partenariat avec les marques Highfield et Suzuki pour fournir les bateaux de l’équipe de course.
Pendant la course, les marins vivent dans des conditions spartiates, comme ici sur le trimaran de Thomas Coville
Certains exemplaires de la série limitée sont pourvus de flotteurs aux couleurs plus claires (Artic et Ibiza Blue) et d’une sellerie Champagne.