Essai Highfield Sport 700

Pour familles sportives

« La famille, oui, mais pas sans le sport ! » pourrait être la devise de ce petit frère du Sport 800 dont avez pu lire l’essai sur notre site. Dynamique dans son style, il l’est aussi en mer comme nous avons pu le constater par des conditions musclées.

Texte et photos Philippe Leblond


 à partir de 46 068 € (CR/CSM)
 6.95 m
 13
 39,8 nds avec Honda 150 ch 4T
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Essai paru le 27/09/2022

Fiche technique

Longueur 6,95 m
Largeur 2,54 m
Diam. maxi des flotteurs 53 cm
Nbre de compartiments 6
Puissance maxi 200 ch (147,2 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 175 - 200 ch
Poids sans moteur 895 kg
Rapport poids/puissance 7,4 kg/ch
Nombre de personnes 13
Couchage 0
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs PVC ou CR/CSM
Capacité carburant 140 l
Catégorie CE B
Constructeur Highfield (Australie)
Importateur Highfield France (29 - Gouesnou)
Droits annuels sur la coque Exempté
Droits annuels sur le(s) moteur(s) Exempté



Doté d’une carène sportive, comprenez par là dotée d’un angle de V très marqué (26° au tableau arrière !) le Sport 700, deuxième plus grand modèle de cette série derrière le Sport 800, est transportable par la route flotteurs gonflés. Un atout pas si fréquent pour un semi-rigide familial de 7 mètres et qui va plaire, notamment, aux utilisateurs de la côte ouest. Son cockpit, bien qu’assez étroit, n’en dispose pas moins d’un confort appréciable pour ceux qui ne « vivent » pas que pour la pêche ou la plongée.



 



 



 



Au ponton



A l’instar de son grand frère le Sport 800, le 700 flatte le regard. Sa silhouette dynamique, bien équilibrée, et sa présentation soignée, ont de quoi séduire ceux qui n’ont que d’yeux pour les semi-rigides italiens. Sa belle sellerie rouge et anthracite, matelassée en losanges, les rappels de couleur sur les flotteurs (saisines, bande de ragage), le revêtement de pont en mousse EVA imitant le lattage des ponts en teck, l’accastillage à la peinture noir mat, la laque grise (coque et accessoires en aluminium) composent un tableau avantageux. 



 



Attaquons notre revue de détail par la poupe. L’accession au cockpit comporte deux degrés : les petites plateformes de bain (pas pratique l’échelle à claire-voie) et les coffres qui viennent en prolongement des plat-bords. Ces derniers s’avèrent très pratiques pour stocker hors du cockpit le petit matériel « humide » (masque, tuba, cordages…). Elégants, les deux taquets rétractables de la poupe sont en bonne position pour amarrer à partir de la banquette arrière qui dispose d’un dossier périphérique et dont l’assise triplace se relève pour donner accès à la volumineuse cale dotée d’un double fond. Par contre, la douchette figurant sur la liste des options, est absente sur notre bateau d’essai. Ce qui n’est pas le cas du superbe mât de ski à double jambage servant aussi de support au feu de poupe. Certains apprécieront la touche de confort que représente les porte-gobelets, de part et d’autre de la banquette et sur l’arrière du leaning-post, lequel offre une tablette escamotable pour l’apéro ou le pique-nique. Une solide main courante permet aux passagers de l’arrière de se tenir debout en navigation lorsque la mer est agitée. Passons au poste de pilotage… Highfield a bien fait les choses soignant l’ergonomie, tant pour le pilote que le copilote avec des bolsters (sièges enveloppants) individuels offrant une très bonne position que ce soit debout, en appui dorsal, ou assis, avec un bon maintien grâce au dosseret. Mais grâce aussi à l’architecture de la console avec un retrait au niveau des genoux et des commandes (volant, boîtier moteur), de même que la poignée copilote, tombant bien sous la main. Concernant le tableau de bord, habillé d’un film simili carbone (option), il offre un bon espace pour intégrer les aides électroniques à la navigation. Autre bon point, le haut pare-brise apporte une protection efficace sans pénaliser la visibilité. En revanche, on déplore l’absence d’un vide-poches ou d’une boîte à gants… 



 



Pour se rendre à l’avant, il faut emprunter les passavants et, ces ceux-ci sont plutôt étroits : 18 cm… Il aurait peut-être été judicieux d’opter pour un poste de pilotage déporté sur tribord afin d’un passage, unique certes, mais large. Il aurait par ailleurs permis d’atténuer l’effet de couple à l’accélération (voir plus loin) grâce à ce déport de poids. Une fois dans la partie avant, on constate avec plaisir le grand coffre offert par la console dont le façade avant comportant un petit siège individuel, se relève pour faciliter l’accessibilité. Chose rare chez Highfield, le Sport 700 dispose d’un beau solarium (165 x 120 cm) ouvrant sur un grand coffre dont l’intérieur est protégé par un revêtement en caoutchouc. Deux vérins aident à l’ouverture. Ce coffre permet de stocker la table permettant de dresser un second coin repas, pour trois personnes également. Le coffre à mouillage est situé dans la pointe avant mais ne comporte pas de passe-ligne, tandis que le petite delphinière en alu qui supporte le davier et les feux de navigation est dépourvue de taquet. Précisons que le Sport 700, ici présenté avec des flotteurs en tissu Orca, est aussi proposé avec un tissu PVC. 



 



 



En mer



Cet essai nous a révélé un Sport 700 au tempérament extraverti. Même avec 50 chevaux de moins que la puissance qu’il peut accepter. Un bémol toutefois (qui n’a rien à voir avec la motorisation) concernant l’assiette dans ses conditions peu courantes en rade de Brest : vent de force 7-8, creux de 1 m/1,20 m). Le Sport 700 s’avère sensible à l’effet de couple produit par l’hélice, notamment lors de la phase de déjaugeante lors des accélérations plein gaz. Avec l’aide de quelques impulsions sur le trim (en positif) l’équilibre latéral est de retour, mais comme le nez du bateau est « léger », par mer et vent de face, l’assiette longitudinale devient sensible et il convient de bien gérer les gaz pour éviter les chandelles. Un phénomène que nous n’avions pas constaté à bord du Sport 800… Quelques petits sauts plus loin, nous avons pu apprécier la souplesse apportée par le V profond lors des réceptions. De fait, on apprécie le confort de navigation dans le gros clapot aux régimes de croisière. Autre bon point au crédit du Sport 700, sa maniabilité et son assurance dans les courbes « attaquées » : inscription franche (pas de signe de départ à la contredite), trajectoires précises, grip constant mais amical grâce à une légère glisse de la poupe dans les virages resserrés, et aucun signe de ventilation de l’hélice même lors des remises de gaz brutales. Le Highfield conserve toute sa motricité pour s’extraire des courbes et foncer sur son nouveau cap.



 



Pour ce qui est des performances, le BF150 ne démérite pas en vitesse de pointe, frôlant les 40 nœuds à 6 100 tr/min, avec deux personnes à bord et la moitié du plein de carburant. C’est un peu moins bien en accélération avec un déjaugeage en 4’’9 et 6’’2 pour franchir les 20 nœuds, départ arrêté… Pour cette raison, nous conseillerons à ceux qui voudrait effectuer la majorité de leurs sorties en équipage nombreux (quatre passagers ou plus) d’opter pour le BF200 (motorisation maxi), éventuellement le BF175. Dans ce cas de figure, la consommation moyenne ne devrait pas être beaucoup plus élevées qu’avec le 150 ch, dans la mesure où, à vitesse égale en croisière, le régime moteur sera un peu moins élevé. Pour ce qui est de notre bateau d’essai, nous avons néanmoins relevé des rendements satisfaisants avec plus d’un mille parcouru par litre consommé à 16,9 nœuds (1,15 m/l), 21,8 nœuds (1,08 m/l) et 27,7 nœuds (1,06 m/l), entre 3 500 et 4 500 tr/min. Avec cette motorisation, l’autonomie au régime le plus économique (3 500 tr/min) s’établit à 145 nautiques. De quoi envisager les plus longues traversées autour de notre littoral sans avoir à se soucier des points de ravitaillement.   



photo Highfield Sport 700


photo Highfield Sport 700


photo Highfield Sport 700


photo Highfield Sport 700


photo Highfield Sport 700


photo Highfield Sport 700


photo Highfield Sport 700


photo Highfield Sport 700


photo Highfield Sport 700





Qualité de réalisation        

Comportement      

Performances      

Equipement      

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

Le pilotage attractif
Le confort en mer formée
La présentation soignée
Les deux dînettes
L’étroitesse des passavants
L’absence de vide-poches au tableau de bord
Pas de taquet à l’avant
L’échelle de bain non coffrée

Face a la concurrence…

Modéle Sport 22 GT 680 GS Medline 6.8
Marque BWA (Italie) Nautica Led (Italie) Zodiac (France)
Imporlation Réseau de concessionnaires Bat Marine (33 - Cap Ferret) Réseau de concessionnaires
Longueur 6,75 m x 2,75 m m 6,76 x 2,74 m 6,88 x 2,54 m
Nb de personnes 13 12 14
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 33 600 € (sans moteur) 36 735 € (sans moteur) 42 185 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 39,8 nds à 6 100 tr/min
Vitesse de croisière rapide 32,4 nds à 5 000 tr/min
Vitesse de croisière economique 21,8 nds à 4 000 tr/min
Temps de jaugeage 4,9 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 6,2 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 12,5 nds à 2 850 tr/mi
Consommation en usage courant (estimation) 14,7 l/h à 3 500 tr/min
Autonomie en usage courant (estimation) 145 milles à 16,9 nds
Hélice de l'essai 14’’ x 19’’ inox 3 pales