Essai Capelli Tempest 1000 WA (2022)

Place au jeune !

Le nouveau 1000 WA prend le relais de son vénérable prédécesseur avec quelques améliorations qui le propulsent à un niveau supérieur. Plus long, il offre davantage d’espace habitable, que ce soit sur le pont ou dans la cabine, ainsi qu’un poste de pilotage à l’ergonomie optimisée et au tableau de bord actualisé.

Texte Philippe Leblond – Photos Yamaha Motor


 243 210 € avec 2 x Yamaha 300 ch 4T
 10.55 m
 18
 47,8 nds
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Essai paru le 13/06/2022

Fiche technique

Longueur 10,55 m
Largeur 3,28 m
Diam. maxi des flotteurs 64 cm
Nbre de compartiments 0
Puissance maxi 2 x 300 ch (441,6 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 2 x 225 à 2 x 300 ch
Poids sans moteur 3000 kg
Rapport poids/puissance 5,9 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 18
Couchage 2
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 550 l
Catégorie CE B
Constructeur Capelli (Italie)
Importateur Yamaha Motor France (95 – Saint-Ouen l’Aumône)
Droits annuels sur la coque 240 €
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 1 440 €



A peine moins large mais beaucoup plus long (presque un mètre !) que son « ancêtre » lancé en 2009, le nouveau 1000 WA dévoilé en décembre dernier au Nautic de Paris propose de nombreuses améliorations. Ce modèle qui chapeaute la gamme Top Line (la série « majeure » de Capelli) possède en effet une carène rallongée et dotée de bouchains plus larges pour une stabilité remarquable au mouillage, un cockpit à l’agencement optimisé et une cabine nettement plus spacieuse pour donner l’envie de prolonger les sorties au-delà du coucher du soleil.    



 



Au ponton



La silhouette, modernisée, exploite un dessin de flotteurs différent, avec une ligne horizontale inspirée de celle des grands Capelli de la gamme T (les 44, 50 et Stradivari), et de nouveaux cônes arrière. Concernant ces nouvelles extrémités de tubes, asymétriques avec bouchon plastique oblique, ce parti-pris esthétique ne fera peut-être pas l’unanimité... Leur intérêt principal réside dans le fait qu’elles ménagent davantage de place pour les plateformes de bain dans la configuration bimoteur. Par ailleurs, l’étrave adopte un profil semi-vertical très tendance (déjà vu sur le Stradivari), tandis que le dessin de la console et du roof de cabine est plus fluide et s’harmonise mieux avec la ligne de pont alors que le volume intérieur est plus important. Les longs hublots de la cabine aussi participent à l’étirement de la ligne. Bien joué ! Quant au choix entre le hard top (notre modèle d’essai) et l’arceau polyester, nous opterions pour le premier. D’autant que celui-ci autorise le déploiement de deux grands tauds de soleil en tissu micro-perforé, l’un couvrant toute la poupe, l’autre le solarium avant. La mise en œuvre est rapide, les toiles étant tendues chacune par deux perches simili carbone que l’on plante à chaque coin du bateau. Lorsqu’on parle de soleil, comment ne pas sourire en grand lorsqu’on additionne les surfaces des deux solariums, soit près de 7 mètres carrés dévolus au séances UV !  Pas de doute, le 1000 WA a d’office son ticket d’entrée pour la Méditerranée ! Si le bain de soleil qui couvre une bonne partie du pont avant est fixe, avec une inflexion façon transat, son matelas suivant la forme du rouf de la cabine, celui de la poupe se convertit aisément en un coin repas pour huit personnes, sa rallonge centrale faisant office de table réglable en hauteur pour profiter des collations servies au mouillage. Le bloc-cuisine est à portée de main avec un frigo-tiroir et un grand évier, dont la moitié gauche est couverte par une planche à découper amovible. On déplore néanmoins l’absence de réchaud ou de grill, même sur la liste des options…



 



Avant de descendre dans la cabine, une halte au poste de pilotage s’impose. Ce dernier est en net progrès comparé à celui de l’ancien modèle. Le tableau de bord est sensiblement plus spacieux offrant la possibilité d’intégrer un combiné GPS-traceur-sondeur à grand écran, ou deux à écrans moyens (amis pêcheurs !), ainsi que l’afficheur Yamaha. Les commandes, gaz/inverseurs et joystick, tombent bien sous la main, de part et d’autre du joli volant sport trois branches. Le vide-poches n’a pas été oublié, de même que le repose-pieds lorsqu’on veut piloter assis. Et debout, la position est aussi excellente, d’autant que les deux sièges possèdent chacun leur demi-assise relevable, permettant de barrer en appui lombaire. Malgré la haute console, la visibilité vers l’avant à travers le pare-brise conviendra bien aux pilotes mesurant jusqu’à 1,65 m. En dessous ce sera limite… Lors des manœuvres de mouillage, il sera facile de gagner l’avant grâce à deux marches et aux passavants bordés d’un demi-pavois (conception « walkaround » oblige) surmonté d’un balcon, et bien leur largeur ne soit que de 22 cm. Le dispositif de mouillage est complet et fonctionnel avec son guindeau électrique intégré et doté d’une télécommande locale, de solides taquets et d’un davier basculant. Nous aurions néanmoins préféré une ancre sur écubier d’étrave…



 



Passons à l’évolution majeure du 1000 WA. Elle concerne sa cabine, avec un pont placé plus haut au profit de la largeur intérieur et surtout de la hauteur (1,82 m sous barrots, soit 10 cm de plus que l’ancienne), tout en préservant la circulation encaissée sur le pont. La salle d’eau y gagne aussi avec 1,65 m (douche en supplément). Quant à la couchette (201 x 162 cm) elle voit le « plafond » s’éloigner et la possibilité de s’asseoir, ce qui était impossible sur le modèle précédent. La décoration est reposante avec un lamellé de bois clair contrastant sobrement avec le gris des tissus, le tout servi par un éclairage à deux sources et deux intensités. Un grand placard, à bâbord, permet de ranger la vaisselle et, en l’absence de penderie, quelque effets vestimentaires pour passer la nuit bord. Car, cet espace, et c’est tout le sel de ce modèle WA, entend bien vous inciter à larguer les amarres pour une petite croisière en amoureux.          



 



En mer



Bien que plus lourd de 500 kilos en raison de son gabarit supérieur, le nouveau 1000 WA affiche le même niveau de performance avec les mêmes Yamaha (F300 V6 de 4,2 l) que le précédent modèle, que ce soit en vitesse, si l’on rajoute les trois ou quatre nœuds « bouffés » par la peinture antifouling et le frein aérodynamique du hard top, ou en rendement (distance parcourue/litre consommé), avec des chiffres équivalents (0,45 m/l contre 0,44 au meilleur rendement pour le nouveau 1000 WA). En revanche le poids supplémentaire pénalise la vivacité au démarrage. Rassurez-vous, cela n’apparaît que sur le chrono car, en matière de sensation, c’est quasiment du pareil au même, le 1000 WA « phase 2 » donnant l’impression, lui aussi, de pousser très fort. Avec 4,6 secondes, le temps nécessaire pour passer de l’arrêt à 20 nœuds est très convaincant pour un semi-rigide de cette envergure (plus de quatre tonnes en ordre de marche lors de notre essai), le déjaugeage un peu plus long, ponctué d’un léger cabré et d’une reprise d’assiette en « bascule ». Toujours au rayon performance, il convient de mentionner que, grâce au réservoir de forte capacité et à l’efficience des Yamaha, l’autonomie, de 2 500 à 3 500 tr/min, pour des vitesses comprises entre 15 et 26 nœuds, dépasse les 200 nautiques, l’allure la plus économique ressortant à 3 000 tr/min, avec 47,9 litres/heure à 21,7 nœuds et 224 milles sans passer à la pompe. 



 



Dans un gros clapot déferlant (0,80 à 1 m), haché par un vent de SO de force 4, le 1000 WA s’est comporté en toute sérénité, notamment aux vitesses les plus élevées, avec une assiette proche de l’horizontale, même lors de petits sauts de vague, avec des réceptions bien en ligne et une tenue de cap rigoureuse. Sans toutefois parvenir à éviter les quelques impacts qui peuvent survenir même avec des carènes au V plus marqué dans ce type de mer un rien cassante. De quoi vérifier la bonne rigidité structurelle de ce semi-rigide et l’absence de bruits parasites en mer formée. A ce sujet, précisons que la vitesse peut parfois, au même titre que le poids, se montrer l’alliée du confort, le 1000 WA s’avérant plus confortable à vive allure qu’à vitesse modérée, mer de face ou de trois-quarts avant… Autre bon point : la déflexion. Les bouchains, élargis sur ce nouveau modèle par rapport à l’ancien, ainsi que les tubes de gros diamètre rabattent bien la vague d’étrave, évitant l’intrusion d’embruns dans le cockpit. L’efficacité en virage est aussi à souligner. Malgré une gîte intérieure modérée, la carène assure un bon grip latéral et, de fait, une bonne précision de trajectoire, même lorsqu’on maintient une grosse dose de gaz et que l’on resserre la courbe. Au port, les manœuvres sont facilitées par l’architecture bimoteur, avec laquelle, le maniement et l’efficience des commandes électroniques permettent de bien doser les impulsions. Et si cela ne suffit pas, il y a le joystick du système Helm Master Yamaha ! Quoiqu’il en soit, malgré la présence de 600 chevaux au tableau arrière, la prise en main du 1000 WA est rapide, tant sa stabilité et la progressivité de ses réactions mettent d’emblée en confiance. Selon nous, si vous n’êtes pas amenés à naviguer avec un équipage nombreux, il pourrait être judicieux de se contenter d’un duo de Yamaha 225 V6 de 4,2 litres.



photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)


photo Capelli Tempest 1000 WA (2022)





Qualité de réalisation      

Comportement      

Performances        

Equipement        

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

Le pilotage agréable et les performances
Le plan de pont bien pensé
La cabine spacieuse et lumineuse
L’équipement standard généreux
L’ancre sur davier (préférence pour écubier à l’étrave)
Les passavants un peu étroits
L’échelle de bain non coffrée
L’absence de réchaud, mêmes parmi les options

Face a la concurrence…

Modéle 34 Premium GranTurismo 10.5 Soleil 33
Marque BWA (Italie) Lomac (Italie) Salpa (Italie)
Imporlation Réseau de revendeurs Stélie Nautic + revendeurs Soleil Bleu Yachting (13 – La Ciotat)
Longueur 10,30 x 3,65 m 10,60 x 3,51 m 10,25 x 3,40 m
Nb de personnes 24 20 16
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 162 000 € (sans moteur) 200 000 € (sans moteur) 169 920 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 47,8 nds à 5 850 tr/min
Vitesse de croisière rapide 34,6 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 21,7 nds à 3 000 tr/min
Temps de jaugeage 6,2 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 4,6 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 17 nds à 2 500 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 47,9 l/h à 3 000 tr/min
Autonomie en usage courant (estimation) 224 milles à 21,7 nds
Hélice de l'essai 15’’ ¼ x 19’’ inox 3 pales