Chez Lomac, le style ne se limite pas aux lignes de carène. Avec ce Gran Turismo 12.5 revisité par Alessandro Martorana, le chantier milanais s’autorise une parenthèse haute couture, où la personnalisation devient un véritable parti pris. Un semi-rigide qui derrière le costume, n'en oublie pas le plaisir de naviguer.
Texte Nicolas Massines - Photos Nicolas Massines et DR
| Longueur | 12,55 m |
| Largeur | 3,51 m |
| Diam. maxi des flotteurs | 68 cm |
| Nbre de compartiments | 6 |
| Puissance maxi | 2 x 450 ch (662,4 kW) |
| Puissance conseillée par Pneumag | 2 x 350 ch |
| Poids sans moteur | 3800 kg |
| Rapport poids/puissance | 4,2 kg/ch (avec le moteur de l’essai) |
| Nombre de personnes | 18 |
| Couchage | 2 |
| Charge utile | 0 kg |
| Matériau flotteurs | Hypalon Orca 1 670 décitex |
| Capacité carburant | 650 l |
| Catégorie CE | B |
| Constructeur | Lomac (Italie) |
| Importateur | Réseau |
| Droits annuels sur la coque | 458 € |
| Droits annuels sur le(s) moteur(s) | 3968 € |
Lorsqu’un chantier compte plus d’une soixantaine d’années d’existence, avec actuellement 58 modèles dans son catalogue répartis en six séries différentes, il faut savoir se renouveler. C’est précisément le but de la collaboration mise en œuvre entre Lomac Milano et le styliste et habilleur de célébrités Alessandro Martorana, réalisée en interne par le service de personnalisation du chantier, aussi appelé Lomac Atelier. Au menu, du style et beaucoup de détails à l’image du tailleur italien. Un relookage audacieux qui ne passe pas inaperçu sur les pontons de Gênes où pourtant la « Sprezzatura », l’art italien d’être élégant et nonchalant, est portée à son paroxysme.
Avec de la distance, on reconnaît facilement un Gran Turismo 12.5 aux lignes tendues que nous avons découvert en 2022 (cf. l'essai réalisé cette même année par l’excellent Philippe Leblond : http://www.pneumag.com/bateau-pneumatique-marque/17-lomac/essai/944-gran-turismo-12-5-cruiser). Mais à mesure que la distance se raccourcit, ce sont les particularités qui sautent aux yeux les unes après les autres. Sellerie et revêtements personnalisés assortis aux moteurs Yamaha, coutures épaisses et films de protection made in D-Factory (voir encadré) des arceaux du T-Top en sont quelques exemples. Une fois à bord, on se laisse porter par l’ambiance décalée d’une telle personnalisation : c’est sûr, cette unité ne ressemble à aucune autre. Un design clivant mais qui ne laisse pas indifférent puisque les éléments de personnalisation sont légion et permettent à la marque de passer d’un discours technique très rationnel (poids, puissance, longueur) à un aspect plus émotionnel, très proche des codes du luxe que nous trouvons dans l’industrie automobile. La possibilité pour l’acquéreur d’avoir, en plus d’un très bon semi-rigide à la réputation installée, un élément unique qui le différencie immédiatement de la concurrence. L’ambition de se démarquer est bien réelle du côté de Lomac puisqu’elle s’appuie sur une motorisation très puissante, à savoir deux XTO de 450 chevaux V8 de Yamaha, dont les silhouettes ne laissent aucun doute sur leurs capacités de propulsion que nous confirmerons sur l’eau. Pour l’heure, après avoir embarqué par l’arrière et emprunté le passage dédié entre les matelas vermillon du coin détente de poupe, nous voici dans le cockpit où les couleurs de la banquette, de la cuisine extérieure et des piliers du T-Top s’accordent comme autant de rappels visuels. Une continuité dans les tons que l’on retrouve également au niveau des assises de la console, à l’intérieur de la cabine et jusqu’à l’espace de relaxation de la pointe avant. Le soin du détail est partout où le regard se pose ; l’esprit luxe est omniprésent donnant un côté haute-couture qui va très bien à une unité de cette dimension. La dominance de la couleur rouge sur l’ensemble des selleries n’est pas sans rappeler le rouge laqué des semelles Louboutin, mêlant audace et intensité dans un univers traditionnellement feutré et gelcoaté. Seule l’enveloppe du volant beige cookie adopte un code couleur différent et donne immédiatement l’envie d’y apposer ses mains pour partir naviguer.
En mer
Coupe-circuit au poignet et moteurs allumés, le joystick Yamaha procure une facilité dans les manœuvres, permettant de déplacer les presque 4 tonnes et plus de 12 mètres du Lomac Gran Turismo AMare dans un mouchoir de poche. Une fois pris en main, le rigging du constructeur japonais ferait presque désirer cette étape pourtant redoutée par de nombreux propriétaires. Positionné sur un repose-pieds repliable - la console étant placée assez en hauteur -, le regard du barreur se pose sur le compas situé bien dans l’axe de l’étrave. Bien que cossue et travaillée esthétiquement, l’assise pèche par son absence de main-courante pour le passager qu'il faudra penser à prévenir avant les montées en régime. Pour l’heure, avec les pleins d’eau et de carburant et 3 personnes à bord, le Gran Turismo 12.5 prend la direction d’une zone de navigation moins fréquentée que celle du plan d’eau de Gênes perturbée par les unités entrant et sortant du port pour cause de salon nautique. Mer plate et visibilité optimale, nous naviguons un peu en mode Turismo : 5 nœuds à 1 000 tours/minute, un peu plus de 11 nœuds à 2 000, le nez se cabre et il faut nous aussi redoubler de vigilance pour maintenir une veille visuelle sur l’environnement qui nous entoure, le temps de dépasser les 20 nœuds et d’observer comment le Lomac 12.5 s’installe dans ses lignes. La puissance accrochée au tableau arrière, 900 chevaux, permet de se rendre compte, via le bon niveau sonore émis, de leur faculté à délivrer beaucoup de couple à bas régime. Pas besoin d’essorer la poignée de gaz pour se sentir projeté en avant de manière contrôlée. Le plaisir s’installe à mesure que le trim corrige l’assiette et que l’unité semble glisser sans heurts de manière coulée. Mais une ombre apparaît rapidement au tableau de bord : la déviation du flux d’air ne se fait pas correctement par le pare-brise et se répercute directement sur le visage pour une personne de taille d’1,80m. Ce qui à long terme peut entrainer une fatigue certaine. À bas et mi-régimes, le Lomac Gran Turismo 12.5 AMare offre cependant une stabilité et une prévisibilité de barre qui rendent la navigation très confortable pour les passagers. Pour tester l’habitabilité du cockpit, les virages se suivent et la personne installée sur la banquette arrière ne souffre d’aucun embrun et ne ressent pas la nécessité de s’arrimer aux mains-courantes. La force centrifuge est propre même lorsque l’on passe bord sur bord à un rythme plus élevé. N’oublions pas que sous les doigts ce sont bien deux gros V8 qui réagissent sans trop avoir à les pousser. Et il y a de quoi se faire plaisir à la barre du Gran Turismo 12.5 en jouant sur les reprises, les relances et autres variations de régimes. Sans être rageuse, la motorisation sait se faire présente à la manière d’un deux-roues très coupleux, façon Ducati puisque nous sommes en eaux italiennes. Et ce jusqu’à atteindre la vitesse maximale de 49 nœuds en ajustant les réglages d’inclinaison moteurs. Après avoir apprécié la possibilité de naviguer à près de 50 nœuds, n’oublions pas que nous sommes sur un modèle à cabine et que le premier programme du Lomac n’est pas d’enchaîner les runs de vitesse mais bien de se rendre d’un point A à un point B de manière confortable. Le meilleur rendement litre/mille se situe à 28 nœuds pour 3 500 tours, et en adoptant une vue de croisière économique de 20 nœuds, les quelques 75 litres de consommation nous permettront de parcourir un peu plus de 170 milles (donnée très théorique ne prenant pas en compte l’état de la mer, de la coque, les aptitudes du barreur, la marge de sécurité, etc.) ou encore de naviguer plus de 8h.
Lomac Atelier et D-Factory
Pour décorer et protéger cette unité, Lomac Atelier, le service de personnalisation du chantier, fait appel à D-Factory qui s’appuie sur une grande expérience dans le monde de l’automobile. D-Factory utilise des films de haute qualité 3M pour appliquer des enveloppes haut de gamme pour la protection des semi-rigides. Les parties en fibre de verre sont recouvertes par un film de protection protégeant des rayons UV, du jaunissement, des éclats et de l’usure en général. Mais la collaboration ne s’arrête pas là puisque les deux entités travaillent ensemble pour offrir des solutions sur mesure pour la console, la décoration intérieure, la sellerie bien sûr ou encore les mains-courantes.
La console est claire et précise. Les informations sont parfaitement lisibles et les instruments de navigation jouissent d’une belle ergonomie.
Pour emprunter les passavants qui sont assez étroits, il faut assurer sa prise sur le côté latéral du pare-brise.
La poupe dispose de tous les atouts pour la détente : qualité des matériaux utilisés, espace généreux et accès séparé à la baignade.
L’optimisation de la partie avant est maximale avec un solarium occupant toute la surface utile.
La hauteur sous barrot de la salle de bain est satisfaisante tout comme la luminosité et la ventilation.
Avec de la lumière et de l’espace l’intérieur du Lomac 12.5 se prête aux escapades avec en prime beaucoup de rangements et une jolie décoration.
Aussi stylé que pratique le T-Top dispose d’éclairage nocturne et d’une ouverture pour laisser passer la lumière en cas de faible ensoleillement.
Le travail réalisé sur les assises et les selleries fait l’unanimité, l’ergonomie elle, est légèrement en retrait.
Le coin cuisine permet une petite restauration toujours très appréciée lors des journées à bord.
Qualité de réalisation
Comportement
Performances
Equipement
Adéquation programme
Rapport qualite/prix
| Vitesse maxi | 49 nds à 5 600 tr/min |
| Vitesse de croisière rapide | 30 nds à 3 400 tr/min |
| Vitesse de croisière economique | 20 nds à 2 900 tr/min |
| Temps de jaugeage | n.c. |
| Accélération de 0 a 20 nds | 7,6 secondes |
| Vitesse minimale d’hydroplanage | 16,6 nds à 2 600 tr/min |
| Consommation en usage courant (estimation) | 77 l/h- 20 nds |
| Autonomie en usage courant (estimation) | 8 h 30 |
| Hélice de l'essai | inox 3 pales |