Essai Renier R11 EFB

En « mode » limousine

Ce grand semi-rigide d’une rare élégance fait valoir un cockpit entièrement voué au confort pour les sorties en équipage nombreux. Son tempérament plutôt paisible, malgré les deux V8 de 350 chevaux qui ronronnent dans sa cale, incite à la promenade tranquille. Cet essai l’atteste, le R11 est davantage limousine que GT de la mer.

Texte et photos Philippe Leblond


 à partir de 325 000 € avec 2 x Mercruiser 350 ch (essence)
 11.0 m
 18
 39,0 nds
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Essai paru le 13/05/2022

Fiche technique

Longueur 11,0 m
Largeur 4,0 m
Diam. maxi des flotteurs 72 cm
Nbre de compartiments 5
Puissance maxi 2 x 430 ch (633 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 2 x 350 à 2 x 430 ch
Poids sans moteur 3800 kg
Rapport poids/puissance 5,4 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 18
Couchage 2
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 760 l
Catégorie CE B
Constructeur Cantieri Renier (Italie)
Importateur Sur la Vague (83 – Le Lavandou)
Droits annuels sur la coque 342 €
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 1 860 €



Avec ce nouveau R11, et en comptant les versions hors-bord et in-board, la gamme du chantier palermitain compte maintenant huit modèles, dont les longueurs s’échelonnent de 6,30 à 11 mètres. Le R11 endosse donc les atours d’amiral de la flotte et fait honneur à son titre, ne serait-ce qu’au plan esthétique grâce à un style d’une élégance remarquable, doublée d’une finition qui ne prête guère le flanc à la critique. Une silhouette très « Renier », en somme, qui affirme la signature visuelle de la marque et souligne bien l’effet de gamme. Cette pureté de ligne, avec une poupe qui va en descendant progressivement vers la surface de la mer est d’autant plus esthétique avec cette configuration in-board. Embarquons sans plus tarder pour voir si c’est aussi beau dedans que dehors !    



 



Au ponton



Rien de plus facile que de monter à bord par l’arrière, grâce à l’immense plateforme de bain formant deux degrés, toute revêtue de teck massif, à l’image de l’intérieur du cockpit. La marche qui permet de faciliter l’accès au solarium comporte deux grands coffres pour stocker le matériel « humide » (amarres, corde de ski, palmes, masques…). Par contre, l’absence de passage au sein du solarium oblige à fouler le matelas. A moins d’emprunter les étroits plats bords latéraux en teck, à conditions d’avoir le pied (très) marin ! Au passage, l’un des atouts du R11 tient dans son impressionnante surface dédiée au bronzage (8 mètres carrés au bas mot !). Le solarium arrière (196 x 230 cm) couvre pour sa part le compartiment moteurs, lequel s’ouvre électriquement via deux solides vérins. La place ne manque pas en avant des Mercruiser pour effectuer les opérations de maintenance. Toujours par souci d’élégance, le cabriolet et ses arceaux inox sont dissimulés dans un rangement dédié, en périphérie du solarium. L’assise de la banquette arrière dissimule une glacière et une poubelle. Face à elle une tablette en teck escamotable permet de profiter des pauses pique-nique, mais le nombre de places est moins généreux qu’avec une banquette en U, configuration impossible en raison de l’architecture mécanique. La partie arrière du leaning-post fait office de kitchenette avec un évier, un réchaud à deux feux et une planche à découper. Surmonté par un hard top vitré qui repose à la fois sur le leaning-post et la console surmontée d’un haut pare-brise, le poste de pilotage est spacieux. Deux confortables sièges avec demi-assise relevable et un cale-pieds recouvert de teck (seulement pour le pilote) permettent de naviguer soit debout soit assis dans de bonnes conditions. Cependant, il manque une poignée pour le copilote… Deux combinés Simrad à grands écrans trouvent facilement place sur le généreux tableau de bord qui présente une excellente ergonomie : volant réglable en inclinaison, boîtier de commandes moteurs électriques et joystick de manœuvre bien placés.



 



Côté proue, un siège intégré dans la console peut accueillir deux enfants. La circulation autour de la cabine, flanquée de mains courantes, et l’accès au vaste solarium avant (206 x 225 cm) est aisée et sûre. Le guideau électrique fait bien sûr partie de la dotation de série, l’ancre étant à poste dans l’écubier d’étrave, une solution pratique et élégante et qui présente moins de risque, en cas de manœuvre maladroite, qu’une ancre sur davier. Bien que le R11 soit avant tout un grand day-boat, il ne faudrait pas négliger l’apport de la cabine. Avec son 1,90 m à l’entrée, sa couchette de belles dimensions (202 x 147 cm) et son option WC électrique, elle ouvre les horizons pour de petits séjours côtiers, en autonomie, bien qu’elle ne dispose pas de douche intérieure. Au cœur de la grande couchette double, qui peut aussi s’utiliser en couchettes individuelles, l’espace vide, une fois ôté le complément de couchage, pourrait servir de petit carré intérieur. En demandant gentiment à l’importateur, il devrait être possible de faire installer une petite table amovible, optionnelle, pour se restaurer ou jouer aux cartes à l’abri lorsque la météo se gâte dans les mouillages forains.



 



En mer



Bien que déjà marginaux, les semi-rigides motorisés in-board se font de plus en plus rares… L’offensive des hors-bord de fortes puissances condamnent inexorablement les moteurs intérieurs, surtout les modèles essence, à bord des semi-rigides, et pas seulement. Alors, profitons de prendre la barre de l’une de ces belles unités en voie de disparition ! Le R11 abrite dans sa cale deux Mercruiser essence de 350 chevaux chacun. Ces V8 américains à injection électronique multipoint ont beau totaliser 12,4 litres de cylindrée, ils ne donnent pas cette sensation de brio que procurent les hors-bord de puissance équivalente. En effet, 4’’8 pour déjauger et 5’’6 pour effacer 20 nœuds sur l’écran du GPS, ne sont pas des chronos à couper le souffle et ce, malgré leurs embases Bravo 3 à double hélice contre rotative. Autre bémol, la vitesse de pointe qui « cale » en vue des 40 nœuds… Précisons, à la décharge du R11, que son poids est tout de même conséquent avec 4,5 tonnes en ordre de marche (lors de notre essai), et que l’antifouling enrobant sa carène lui faisait perdre au moins trois nœuds et sans doute une pincée de tours/minutes au régime maxi (5 000 tr/min). Pour ceux qui trouveraient que ces mesures manquent de relief, sachez qu’il est possible de monter jusqu’à 2 x 430 ch, ce qui devrait se traduire par un net gain de forme tant en punch qu’en vélocité. Mais ce mieux en termes de performances ne devrait pas changer la nature du comportement du R11 qui s’apparente plus à celui d’une limousine qu’à celui d’une GT, si l’on s’autorise la comparaison avec des autos. En effet, sa carène n’a pas la faculté de s’aérer naturellement, et même avec une grosse louche de trim positif, elle reste plutôt collée au plan d’eau. Ce qui dégrade un peu sa tenue de cap, l’étrave ayant tendance à suivre les mouvements du clapot. Par contre, le poids important du R11 lui donne un certain confort dans le clapot et surtout une stabilité et un sentiment de sécurité à la barre qui ne l’interdit à aucun pilote, même dénué d’expérience. En virage aussi, le R11 se montre stable avec une gîte modérée et une accroche régulière, même lorsqu’on lui imprime une bonne dose de gaz. Autre atout, sa carène, bien que conservant une surface mouillée importante, ne… mouille pas. La déflexion de la vague d’étrave est efficace, du moins dans les conditions plutôt clémentes lors de notre essai.



 



Non, aux commandes du R11, il ne faut pas chercher à « attaquer », car les sensations ne seront pas au rendez-vous. Par contre, ce luxueux semi-rigide devrait se montrer très agréable à allure modérée sur les longs trajets, faisant profiter les passagers de l’onctueuse sonorité des V8 Mercruiser (la cale est bien insonorisée), tout en se montrant économique au plan de la consommation. C’est le cas à 24,8 nœuds (74 litres/heures à 3 500 tr/min), avec à la clef un excellent rendement (0,34 mille/litre), comme à 31,3 nœuds (119 l/h à 4 200 tr/min et 0,26 mille/litre). Quant à l’autonomie, grâce à la contenance élevée du réservoir, elle ressort à 230 milles et 180 milles. De quoi ne pas surveiller la jauge l’air angoissé !        



photo Renier R11 EFB


photo Renier R11 EFB


photo Renier R11 EFB


photo Renier R11 EFB


photo Renier R11 EFB


photo Renier R11 EFB


photo Renier R11 EFB


photo Renier R11 EFB





Qualité de réalisation        

Comportement    

Performances      

Equipement          

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

L’esthétique et la finition très élégantes
La surface de bain de soleil
La circulation à bord facile
L’équipement de série généreux
Les sensations de pilotage en demi-teinte
La tenue de cap qui manque de rigueur
L’absence de poignée pour le copilote

Face a la concurrence…

Modéle Wave 35 33 EFB Cayman 35 Executive
Marque Altamarea (Italie) Nautica Led (Italie) Ranieri (Italie)
Imporlation Azur Boat (83 – Saint-Raphaël) Bat Marine (33 – Cap-Ferret) Ranieri France (98 – Monaco)
Longueur 11,30 x 3,60 m 10,60 x 3,50 m 10,80 x 3,80 m
Nb de personnes 16 22 24
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 154 200 € (sans moteur) 104 000 € (sans moteur) 198 050 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 39,0 nds à 5 000 tr/min
Vitesse de croisière rapide 31,3 nds à 4 200 tr/min
Vitesse de croisière economique 24,8 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 4,8 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 5,6 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 14,1 nds à 2 300 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 70 l/h
Autonomie en usage courant (estimation) 9 h 50 min
Hélice de l'essai double hélice 24’’ inox 4 et 3 pales