Attention, novice s’abstenir ! Sans aller jusqu’à jouer la carte de la puissance maxi (loin s’en faut), le nouveau D.900 S Line vous met sur orbite à la première accélération. Quel punch, et quelles sensations à ses commandes ! Pour le reste c’est du Selva tel qu’on l’apprécie, plutôt fonctionnel, sans prétention et porté par un prix attractif.
Texte et photos Philippe Leblond
Longueur | 8,9 m |
Largeur | 3,05 m |
Diam. maxi des flotteurs | 66 cm |
Nbre de compartiments | 6 |
Puissance maxi | 2 x 300 ch (441,6 kW) |
Puissance conseillée par Pneumag | 2 x 150 – 2 x 200 ch |
Poids sans moteur | 1440 kg |
Rapport poids/puissance | 4,4 kg/ch (avec le moteur de l’essai) |
Nombre de personnes | 14 |
Couchage | 0 |
Charge utile | 1910 kg |
Matériau flotteurs | CR/CSM Orca 1 670 décitex |
Capacité carburant | 347 l |
Catégorie CE | B |
Constructeur | Selva Marine (Italie) |
Importateur | Sébastien Chevalier (83 – Les Issambres) |
Droits annuels sur la coque | 131 |
Droits annuels sur le(s) moteur(s) | 700 |
Petite précision pour ceux qui pourraient croire, à la lecture des quelques lignes qui précédent, que le S de S Line signifie « Sport ». En fait, il faut comprendre : « Special ». Ceci parce qu’il existe une version « standard » de ce D.900, moins équipée (pas d’arceau polyester, pas de plates-formes de bain, pas de guideau électrique, pas de douchette en standard) et d’une apparence plus sage (pas d’habillage simili carbone au tableau de bord, pas de sellerie biton, pas de volant sport, pas de saisines en tissu « carbon look »…). Comprenez par-là que le D.900 Special Line est la version ultime du 9 mètres de Selva. Ce terme convient bien aussi à son tempérament très sportif qui n’enlève pas le fait que ce grand semi-rigide est avant tout conçu pour les loisirs nautiques partagés en famille, ou entre amis.
Au ponton
Jolie ligne pour ce Selva de 9 mètres, au look plus pimpant que celui de la version standard. Les flotteurs aux deux tons très contrastés (noir et blanc) comportent des saisines reprenant le noir du tissu Orca Carbon du quart arrière, incorporant un filet rouge, la sellerie reprenant également ce motif. Si les tubes montrent une finition soignée (coupe et assemblage), la sellerie bien mince et ferme, malgré son passepoil rouge, n’offre pas la même qualité visuelle, et il ne fait nul doute que les passagers la trouveront peu confortable. Pour autant, le nombre de places assises est en rapport avec le programme du bateau : quatre sur la banquette arrière, deux au leaning-post, auxquelles s’ajoute le petit siège blotti à l’avant de la console, ce dernier étant utilisable par mer calme. Au mouillage, on peut en compter cinq autres avec la transformation du solarium avant en dînette, l’élément central amovible faisant office de table pour pique-niquer. Familial et convivial, le D.900 l’est sans aucun doute ! Par ailleurs, les déplacements à bord sont assez aisés, grâce à deux passavants assez larges (35 cm au niveau du leaning-post et 30 au niveau de la console) et à l’espace qui sépare l’avant de la console du solarium avant. Ce dernier fait valoir de belles dimensions : 208 cm x 160 cm. Par contre, l’absence de passage dans le dossier de la banquette arrière et la présence de l’arche polyester compliquent un peu l’accès à la zone de baignade qui comporte deux petites plates-formes rapportées et une douchette faisant partie de la dotation de série. Dans le registre des équipements de confort, il convient aussi de mentionner, même si c’est une option, le WC chimique qui prend place sous l’abri de la console dont la hauteur intérieure culmine à 1,71 m, sans oublier le bloc-cuisine qui reçoit un frigo « tiroir », et peut être équipé d’un réchaud et d’un évier.
Côté rangement le D.900 est bien pourvu avec de nombreux coffres, tous dotés de vérins pour les maintenir ouverts, de joints de caoutchouc pour éviter les bruits vibratoires, et dont les fermoirs réglables en tension peuvent recevoir un cadenas. La soute arrière comporte un double fond qui évite aux affaires qui y seront stockées de « tremper » dans le fond de cale humide. Autre bon point, l’ouverture est ample, ce qui facilitera l’introduction des objets longs, de type skis, cannes à pêche, gaffe… A l’avant, outre la console avec sa haute ouverture frontale, les trois coffres contremoulés de l’avant sont secondés par une cale située au centre du V du solarium.
Quant au poste de pilotage, il offre une position de conduite debout proche de l’idéale. Avec la demi-assise mobile, il est aussi possible de barrer assis, ce qui peut être agréable lors des longues navigations. Cette bonne position est aussi due au recul des commandes vers le pilote (grâce à un relief de la façade arrière de console qu’on aimerait voir adopté sur tous les bateaux), ce dernier n’étant pas, comme sur certains semi-rigides, obligé de se coucher un avant pour mettre pleins gaz. Face au pilote, la planche de bord s’avère spacieuse, intégrant un combiné Garmin à grand écran et le combiné moteur. Et il reste suffisamment de place pour y intégrer également une VHF fixe et une sono hi-fi… On déplore néanmoins l’absence de vide-poches, de prise allume-cigares ou de port USB, souvent présents sur des semi-rigides actuels de cette longueur…
En mer
Dès la première accélération, on a compris ! On a compris que cet ensemble va donner du relief au pilotage. Avec ses deux Selva de 225 chevaux, ce semi-rigide de neuf mètres ne craint pas grand monde pour ce qui est de la mise en vitesse, et la poussée irrésistible se poursuit jusqu’au régime maxi, malgré son hélice à pas long (23’’). L’équipage a le devoir de bien se tenir, avant le coup de gaz, et le pilote celui de dompter ce missile mer-mer qui accélère comme un dragboat et donne soudain une extrême impression de légèreté malgré le plein d’essence et trois personnes à bord, survolant le gros clapot avec maestria… jusqu’à 5 500 tr/min. Au-delà, il faut s’en occuper. Les 200 derniers tr/min que nous avons grappillés, en partie à l’aide d’une montée de trim, compromettent l’équilibre latéral avec l’amorce d’un roulis qui réclame un travail constant sur la barre et les gaz. On retrouve certaines des sensations que l’on a pu éprouver aux commandes de semi-rigides anglais ou du Championnat de France Offshore. Dans le clapot de 80 cm, greffé à un restant de houle, le pilotage à fond devient assez fin. Il nous a fallu deux ou trois runs pour obtenir une V-max qui n’est sans doute pas encore optimale : 56 nœuds. Il est probable que cet ensemble prennent deux nœuds de mieux dans des meilleures conditions. Mais déjà, cette vitesse est riche en sensations à la barre du D.900 S Line qui tire parti d’un rapport poids/puissance affûté de 4,4 kilos par cheval. A la vue de la fiche technique, un frisson nous parcourt le dos… Sur la ligne « puissance maxi » nous lisons : 2 x 300 ch. Cela nous paraît d’emblée irréaliste. Avec cette puissance, le ratio tombe à 3,3 kilo par cheval… A moins de confier la barre exclusivement à un pilote professionnel de l’offshore, il risque d’y avoir quelques surprises ! D’autant que notre essai s’est déroulé avec les V6 Yam de 3,3 litres – excellents quatre-temps au demeurant, et dotés d’une jolie sonorité – alors qu’en serait-il, déjà, avec les 225 ch 4,2 litres ? Alors que selon nous, ce semi-rigide serait déjà très performant avec 2 x 200 ch, voire 2 x 175 ch…
En tout cas, tel que nous l’avons essayé, il ne manque pas de tempérament et enchaîne les différentes figures du pilotage avec un entrain peu commun. Nous avons pu le vérifier face à la vague, lors de quelques petits décollages avec réception bien en ligne, comme en courbes, où il est capable de virer court avec un grip ferme et constant tout en conservant une belle motricité pour s’extraire des trajectoires en pleine accélération. Mais, dans l’optique des promenades en famille, le plus intéressant se situe dans sa capacité à tenir des moyennes élevées, tout en restant économique au plan de la consommation. Deux exemples : à 3 500 tr/min, on croise déjà à 30 nœuds en brûlant seulement 47 litres à l’heure, et à 4 500 tr/min, donc sans « tirer » sur la mécanique, on survole les flots à 42 nœuds, avec une conso de 89 litres/heure… Quant au meilleur rendement il est tout bonnement exceptionnel avec 0,86 mille parcouru par litre consommé. Pour 450 chevaux, c’est juste hallucinant. En découle, à la vitesse de 25 nœuds, une autonomie de 268 milles, ce qui pour un bateau de jour, est considérable. Cela correspond à un aller-retour continent-Corse sans besoin de ravitailler et avec une très confortable marge de sécurité.
Qualité de réalisation
Comportement
Performances
Equipement
Adéquation programme
Rapport qualite/prix
Modéle | 85 Sport | 880 Sport FB | 30 GT |
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Marque | BSC (Italie) | Pirelli (Italie) | Stingher (Italie) |
Imporlation | Réseau de revendeurs | Rio Fance (06 – Juan-les-Pins) | MGI (83 – Hyères) |
Longueur | 8,93 x 3,47 m | 8,70 x 3,12 m | 8,90 x 3,00 m |
Nb de personnes | 18 | 12 | 15 |
Matériau flotteur | CR/CSM | CR/CSM | CR/CSM |
Prix | 78 120 € (sans moteur) | 81 600 € (sans moteur) | 74 040 € (sans moteur) |
Vitesse maxi | 56,0 nds à 5 700 tr/min |
Vitesse de croisière rapide | 36,0 nds à 4 000 tr/min |
Vitesse de croisière economique | 25,0 nds à 3 000 tr/min |
Temps de jaugeage | 3,9 secondes |
Accélération de 0 a 20 nds | 4,3 secondes |
Vitesse minimale d’hydroplanage | 14,6 nds nds à 2 300 tr/min |
Consommation en usage courant (estimation) | 42 l/h |
Autonomie en usage courant (estimation) | 7 h 25 min |
Hélice de l'essai | 23’’ inox 3 pales |