Essai Solemar 26 Offshore IB

Une vraie Rolls !

Bien que propulsé par deux diesels de puissance moyenne, le Solemar procure un plaisir de conduite inattendu, couronné par une redoutable efficacité en mer formée. Pour le reste, on connaît le soin apporté à l'aménagement et à l'équipement du cockpit où règne un confort de limousine.

Texte et photos : Philippe Leblond


 87 500 € avec 2 x Mercruiser 120 ch diesel (tarif 2004)
 8.1 m
 14
 32,8 nds
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Paru dans le Pneumag n° 41 Mai/Juin 2004



Par où commencer ? Lorsqu’on attaque l’écriture d’un essai, on démarre en général par le point fort du bateau essayé. Avec le Solemar, difficile de mettre en avant un domaine plus qu’un autre, tant l’impression de perfection, l’absence de défauts rédhibitoires, rendent l’exercice ardu. Bon, puisqu’il faut se lancer, disons tout de suite que Solemar se place volontairement en marge de la production de masse, au travers d’une approche du produit semi-rigide très sophistiquée. D’aucuns pourront critiquer cette prise de distance avec le concept originel, celui d’un bateau marin et rustique, pour ne pas dire orienté vers la servitude. Or, si le Solemar se révèle marin (et comment !), il propose aussi un confort haut de gamme, rarement porté à ce niveau sur ce type d’embarcation. Et malgré ce « luxe embarqué », malgré son poids et la présence des diesels, le Solemar reste vivant à piloter. Cette qualité de vivacité et de confort en navigation, on la doit bien sûr au très bon dessin de la carène qui présente un profil agressif, mais aussi à une excellente répartition des masses. Notre bateau d’essai, destiné à la location, était doté, de surcroît, d’un réservoir optionnel de 145 litres permettant de doubler la capacité de carburant et donc l’autonomie, mais aussi de recentrer encore un peu plus les poids. Et, de ce point de vue, le Solemar fait preuve d’un équilibre à rendre jaloux plus d’un offshore (son nom serait-il un clin d’œil ?). Son assiette, même face à plus d’un mètre de creux et une bonne brise, reste irréprochable. Bien que les diesels ne soient pas les moteurs rêvés pour attaquer dans la vague, le pilote se prend à s’amuser à bien négocier les petits décollages, à gérer les gaz pour exploiter la pointe de vitesse sur les vagues moins hautes. Le poids assez important du 26 Offshore fait merveille en terme de tenue de cap et surtout de confort. Il est capable de soutenir une vitesse de croisière assez élevée dans une telle mer sans malmener ses passagers : un exploit pour un bateau de moins de 10 mètres. Il lui manque peut-être un tout petit peu d’amortissement à l’impact pour être parfait. En tout cas, le sentiment de sécurité est indiscutable et cela compte dans l’optique de sorties en famille. Cette sérénité, cette impression de force tranquille, nous l’avons éprouvée à toutes les allures : mer de face, de trois-quarts, de travers ou d’arrière. Autre qualité évolutive du Solemar, sa quasi absence de cabrage au déjaugeage et sa sensiblité aux réglages de trim. En virage, le grip est progressif et la motricité reste entière même lorsqu’on braque à fond et que l’on remet les gaz brutalement.
Pour parfaire ce tableau déjà élogieux, ce gros semi-rigide ne « mouille pas », ses flotteurs défléchissant les embruns avec efficacité. Le seul bémol, en matière de pilotage, tient dans la position de conduite, surtout debout, du fait de l’emplacement du siège pilote, trop rapproché de la console. Et de se demander pourquoi Solemar n’a pas opté pour un siège à assise relevable, ou un leaning-post… Reste qu’aux commandes d’un tel bateau l’on n’est pas pressé de rentrer au port ! Pourtant, là encore, ce dernier se montre docile à souhait pour les prises de quai, d’autant que la bimotorisation permet de jouer sur les inverseurs et d’éviter sur place, sans avoir à toucher la barre. Après cette concluante sortie en mer, il est temps de faire le tour des aménagements de ce semi-rigide pas comme les autres. Déjà en embarquant par la poupe, on est surpris par l’immense plate-forme de bain qui, outre le confort donné aux baigneurs ou plongeurs (le teck est proposé en option), présente l’avantage de protéger les embases Alpha One des deux Mercruiser, lors des manœuvres en marche arrière. La douche de pont fait partie de la dotation standard. Simple jugement esthétique : il est dommage que l’échelle n’ait pas été dissimulée dans la plate-forme… Pour accéder au cockpit, en l’absence de passage latéral, il faut enjamber le dossier de la longue banquette arrière. Sa disposition en U, et la table qui vient se fixer au sol, forment un grand carré pour six personnes, idéal pour les apéritifs ou les pique-niques, surmonté d’un imposant arceau-radar polyester qui sert aussi à la fixation du cabriolet. Cette banquette, qui se convertit en un vaste solarium, se soulève avec l’aide de deux vérins à gaz pour découvrir une cale moteurs bien pleine mais proprement agencée. Le siège de pilotage biplace et la console sont excentrés vers tribord pour laisser, à bâbord, un passavant unique mais large. Le tableau de bord est impressionnant d’espace et laisse toute la place nécessaire pour qui veut installer des aides électroniques à la navigation, sachant que le 26 Offshore peut être armé en deuxième catégorie. Appréciables également : les deux vide-poches qui permettent de laisser à portée de main le petit matériel… Pour les choses plus encombrantes, la porte latérale, en plexi fumé, ouvre sur un volume de rangement considérable. La partie avant est bien sûr destinée au farniente, avec un solarium de très belle dimension (195 x 148 cm) et une petite banquette biplace devant la console pour les navigations par mer calme.



photo Solemar 26 Offshore IB


photo Solemar 26 Offshore IB


photo Solemar 26 Offshore IB





Conclusion
Avec le Solemar 26 Offshore, on entre de plain-pied dans le haut de gamme. Sa construction et sa finition de grand standing impressionnent la pupille des amateurs de belles choses, au premier coup d’œil. Les équipements de confort sont nombreux et de qualité, et l’on peut embarquer nombreux pour profiter au mieux du farniente tout autant que des navigations, rendues particulièrement confortables grâce à des qualités nautiques hors pair. Certains pourront peut-être reprocher au Solemar un manque de punch et de vitesse. La parade serait d’opter pour la version hors-bord avec deux Honda de 150 chevaux, montés sur chaise, qui devraient lui garantir un bon 40 nœuds. Et pour 12 000 euros de moins que les diesels ! A méditer.




je suis la
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