Essai Zeppelin XV-PRO 750

Il assure toujours !

Le lancement du XV-Pro 750 ne date pas d’hier, mais ce modèle, devenu une valeur sûre dans le segment des semi-rigides polyvalents, continue de satisfaire une clientèle de plaisanciers qui naviguent sans se soucier de la météo. Pêche, chasse, raid, glisse tractée… toujours prêt !

Texte et photos Philippe Leblond


 sur devis
 7.5 m
 18
 50,2 nds avec Suzuki 350 ch 4T
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Orca-logo_rvb

Essai paru le 13/12/2022

Fiche technique

Longueur 7,5 m
Largeur 3,05 m
Diam. maxi des flotteurs 59 cm
Nbre de compartiments 7
Puissance maxi 350 ch (257,6 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 250 à 350 ch
Poids sans moteur 1480 kg
Rapport poids/puissance 5,2 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 18
Couchage 0
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1670 décitex
Capacité carburant 230 l
Catégorie CE B
Constructeur Zeppelin (72 – Le Lude)
Importateur Réseau de concessionnaires
Droits annuels sur la coque 77 €
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 760 €



Petit rappel concernant la spécificité de la gamme Zeppelin. Les semi-rigides construits dans la Sarthe répondent à une conception simple qui veut qu’on laisse à l’acquéreur une certaine liberté dans la configuration de son bateau. La base est un « châssis » construit de manière classique, soit une coque en polyester renforcée par un carlingage en contreplaqué marine repris en stratification sur les fonds. Le pont est du même matériau, sans contremoulage, ce qui laisse la possibilité de composer son cockpit en piochant dans le catalogue « accessoires » du chantier : différents types de consoles, de sièges, de coffres, et éventuellement un solarium gonflable… c’est pourquoi il est rare de rencontrer deux Zeppelin rigoureusement identiques. Voyons comment se présente l’exemplaire de notre essai…  



 



Au ponton



Au premier coup d’œil le XV-Pro 750 impressionne par sa largeur et… sa stabilité, avec deux flotteurs en tissu Orca 1 670 décitex, bien appuyés sur l’eau. Embarquer par le flotteur ne le fera pratiquement pas gîter. Même en navigation, totalement déjaugé, son tiers arrière est encore au contact de l’eau. Ce cette largeur découle un cockpit ample ce qui, malgré la présence d’un poste de pilotage biplace en position centrale, laisse deux larges passavants (32 cm au moins large). Le propriétaire de cet exemplaire a aussi opté pour une banquette/coffre arrière pleine largeur, offrant trois (voire quatre) places sur son assise flanquée d’accoudoirs. Son dossier réversible permet aussi de s’asseoir face au sillage, ce qui est appréciable pour suivre les évolutions d’un skieur ou d’un rider. Par contre, l’accès au tableau arrière, également barré par l’arche en inox, n’est pas des plus aisés. Cela dit, la poupe n’incite pas à la baignade, du fait de l’absence de plateforme et d’échelle de bain. A l’aplomb du tableau arrière, on note la présence habituelle des flaps fixes chers à Zeppelin, celui de bâbord servant de support à la sonde, ce client étant un amateur de pêche en mer. En témoigne d’ailleurs, les six porte-cannes fixés sur le socle de la banquette… Pour autant, ce Zeppelin n’est pas exclusivement dédié à la chasse au bar ; le confort s’invite à bord avec une table en teck qui vient se dresser entre la banquette et une double assise escamotable au dos du leaning-post. Six équipiers peuvent ainsi partager un pique-nique dans le confort et la convivialité.       



 



Pour ce qui est du rangement à bord, on peut compter sur le grand coffre de la banquette arrière, dont l’ouverture est assistée par des vérins pneumatiques. Un joint borde tout le contour du coffre pour éviter les bruits parasites en navigation. Il est possible de poser un cadenas sur les fermoirs revêtus de caoutchouc. Autre possibilité de stockage, le corps de la console qui ouvre en grand par l’avant, à l’aide de vérins également, ainsi qu’à l’intérieur du leaning-post dont le plan de travail comporte une planche à découper en teck et quatre porte-cannettes. Il y a enfin le coffre intégré au pont à l’avant, ainsi que le module polyester rapporté dans la pointe destiné au mouillage, doté d’un taquet, et dont la ligne passera par le davier de la delphinière équipée de deux autres taquets pour l’amarrage.



 



Un mot bien sûr pour le poste de pilotage dont le leaning-post biplace (sans assise), permettant de piloter debout en appui, est bien protégé par la console et son haut pare-brise. Le tableau de bord, à défaut de présenter un design élaboré, offre la place nécessaire pour intégrer deux Garmin grand écran côte-à-côte, l’afficheur multifonction Suzuki et la VHF fixe, de chez Garmin elle aussi. Une remarque : il est regrettable de ne trouver aucune prise pour se tenir à la place du copilote…



 



 



En mer



Il suffit d’à peine plus de trois secondes pour que ce robuste semi-rigide boucle son déjaugeage (reprise d’assiette comprise) et un peu plus de quatre pour que les 20 nœuds s’affichent, l’espace d’un clin d’œil, sur l’écran du Garmin de tribord. Deux facteurs concourent à cette vigoureuse accélération : le cabrage limité de la carène et la double hélice contre-rotative du Suzuki 350 ch. Précisons en passant que le gros V6 japonais (4 390 cm3) représente la puissance maximale autorisée sur le Zeppelin XV-Pro 750. Rapidement, au gré des évolutions de notre essai, nous constatons que le semi-rigide français s’accommode sans mal de cette forte puissance. Autre motif de satisfaction : sans que sa carène n’engendre de déséquilibre notoire (à peine un peu de roulis à la V-max, si bien trimé), elle délivre un agrément de pilotage supérieur à celui des autres modèles de la marque qui se distinguent par une sobriété de comportement rarement égalée par leurs concurrents : stabilité à toute épreuve, carènes qui « collent » un peu à l’eau, virages pris à plat… Or, aux commandes du XV-Pro 750 on apprécie son dynamisme, plus communicatif, avec une carène qui s’aère bien sous l’effet du trim et parvient à gîter sur l’intérieur (mais modérément) dans les virages pris en mode sportif. Résultat, le grip est moins viril et l’équipage « prend moins de G » en courbe. Cela n’empêche pas le Zeppelin de conserver toute sa motricité et de se relancer avec brio. Quelle que soit la direction, sur une houle résiduelle de 70 cm (pas de vent), le Zeppelin affiche une tenue de cap rigoureuse et un équilibre parfait lors des quelques allègements et réceptions à vitesse maxi, tandis que le puissant V6 nous fait profiter de son timbre de voix plutôt agréable. La souplesse au contact de la vague garantit un certain confort à l’équipage et, au régime de croisière, le Suzuki sait se faire discret au plan sonore. Un bon point pour les longues navigations qui font partie des prérogatives de ce bateau. Toutefois, on notera la faible capacité en carburant au regard de la puissance installée : 230 litres… Heureusement, les exceptionnels rendements du DF350, notamment de 3 500 à 4500 tr/min, compensent cette carence avec, respectivement, 179 et 197 milles d’autonomie, et ce à des allures rapides : 29 et 38 nœuds ! Il faut dire que côté vélocité, le XV-Pro 750 n’est pas en reste avec une pointe à 50,2 nœuds, malgré un antifouling qui doit le pénaliser d’environ quatre nœuds. Mais, si cet essai avec le plus puissant des hors-bord Suzuki fait ressortir les qualités nautiques et le niveau de performance élevés de ce grand Zeppelin, ce dernier pourrait se contenter de 300 chevaux, voire de 250, sans pour autant se montrer apathique.



photo Zeppelin XV-PRO 750


photo Zeppelin XV-PRO 750


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photo Zeppelin XV-PRO 750


photo Zeppelin XV-PRO 750


photo Zeppelin XV-PRO 750


photo Zeppelin XV-PRO 750


photo Zeppelin XV-PRO 750


photo Zeppelin XV-PRO 750


photo Zeppelin XV-PRO 750





Qualité de réalisation      

Comportement        

Performances        

Equipement      

Adéquation programme      

Rapport qualite/prix      

La construction robuste
Le choix dans l’aménagement du pont
Le comportement sûr
Les performances élevées
Les rendements incroyables du Suzuki 350
L’autonomie
L’accès au tableau arrière peu commode
Pas de poignée pour le copilote
Le capot du coffre à mouillage sans passe-bout

Face a la concurrence…

Modéle Patrol 760 760 Club 7,50 M
Marque Highfield (Australie) Lomac (Italie) Ribwest (France)
Imporlation RCM (85 – Le Poiré sur Vie) Stélie Nautic + concessionnaires S.a.r.l. Ribwest(56 – Baden)
Longueur 7,63 x 2,90 m 7,68 x 3,04 m 7,50 x 2,60 m
Nb de personnes 12 24 14
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 60 273 € (sans moteur) 56 800 € (sans moteur) 44 214 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 50,2 nds à 5 750 tr/min
Vitesse de croisière rapide 38,3 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 29,1 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 3,1 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 4,3 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 13,0 nds à 2 000 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 33 l/h
Autonomie en usage courant (estimation) 6 h 20 min
Hélice de l'essai double hélice contre-rotative inox (2 x 3 pales)