Essai Zodiac Pro 750 Classic

La grande évasion

Si vous rêvez de vous arracher au littoral surpeuplé, le tout nouveau Pro 750 est le compagnon qu'il vous faut. L'agrément et la sécurité que son pilotage procure sont à la hauteur de ses performances : remarquables. Son physique avantageux et sa conception polyvalente sont aussi deux beaux atouts.

Texte et photos Philippe Leblond


 36 540 € sans moteur (tarif 2016)
 7.5 m
 16
 48,3 nds avec Yamaha 250 ch 4T
Banniere_axa

Orca-logo_rvb

Paru dans le Pneumag n° 85 Septembre/Octobre 2011



À la différence des autres modèles de la gamme Pro, qui ont fait l'objet d'un heureux lifting (voir notre présentation dans ce numéro, rubrique Plein Cadre), le 750 est un tout nouveau modèle, basé sur la carène du Bombard 750 Sunrider. Le Pro 750 vient ainsi combler le grand vide qui séparait le 650 du 850. Un lancement bienvenu donc, au sein de la gamme Zodiac la plus accessible en prix.
Commençons donc par nos sensations à la barre et les performances. Car, dans ces deux domaines, le nouveau Zodiac frappe un grand coup. Notre bateau d'essai était équipé du Yamaha 250 ch 4 temps, lancé l'année dernière. Il vient remplacer l'excellent V6 3,3 litres, conservant la même architecture, mais ajoutant une grosse louche de cylindrée, puisqu'il "cube" 4,2 litres, tout en étant plus léger de 25 kilos ! Dès les premières accélérations, on a compris : moins de 3 secondes pour déjauger et un peu plus de quatre pour casser la barrière des 20 nds, des chiffres parmi les meilleurs de notre base de données ! Doté de la puissance maxi autorisée, le Pro 750 approche les 50 nœuds, ce qui pour un monomoteur de son gabarit est plus que satisfaisant. Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est son autonomie qui dépasse les 200 milles, à des vitesses remarquables. Au meilleur rendement, le Pro 750 est capable de couvrir 255 milles, à 22,4 nœuds, soit à seulement 3 000 tr/min. Un régime auquel son moteur ronronne discrètement. A 3 500 tr/min, il peut encore couvrir 244 milles à 28,3 nœuds, et à 4 000 tr/min, il dépasse encore les 200 milles (210) en "avionnant" à 32,8 nœuds ! De quoi profiter de sa classification B en planifiant de longues traversées !
Performant, le Pro 750 l'est en toute sérénité. Il supporte parfaitement sa puissance maxi, et l'on ne détesterait pas lui ajouter quelques dizaines de chevaux, pour voir... Sa direction et sa carène sont réactifs, de même que sa commande de gaz, grâce au couple énorme du Yamaha. Le petit clapot est gommé et défléchi sans effort par la carène du Pro 750, qui s'aère sans avoir besoin de beaucoup de trim positif. Sa tenue de cap est imperturbable et son assiette bien équilibrée, que se soit à pleine vitesse ou dans les virages pris plein gaz. Maniable, précis, accrocheur, il s'extirpe des courbes en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Seul petit défaut : une légère glisse dans les virages courts à droite, sans doute en raison de l'effet de couple…
De retour au port, on note la facilité de circulation sur le pont, passant de l'arrière à l'avant sans encombre. L'antidérapant est efficace et les passavants généreux. On apprécie la baille à mouillage, ample et dominée par une petite delphinière en polyester bien dessinée, dont le davier basculant permet d'éviter le ragage de la chaîne. Le capot du puits de mouillage est doté d'un passe-bout et la bite d'amarrage inox pratique pour frapper la ligne de mouillage ou l'amarre de pointe. Autre bon point, l'emplacement du nable du réservoir de carburant, mitoyen avec le puits à chaîne, et pourvu d'un petit bac de débordement évitant de répandre de l'essence sur le plancher. L'accès vers l'arrière est aussi aisé (bien qu'il n'y ait pas d'échelle de bain). Il suffit d'enjamber la cale technique, qui renferme la batterie, et sur laquelle sont fixés deux taquets de belle dimension. En revanche, on note que le roll-bar inox n'est pas rabattable et n'est pas doté, de série, des feux de navigation. Pour ce qui est du rangement, malgré un pont bien dégagé, le Pro 750 n'est pas démuni. Outre la cale arrière, on trouve une soute au sol dans la partie avant, un coffre sous le siège de console, un rangement sec dans cette dernière et un grand vide-poches sous l'assise du leaning-post. Le poste de pilotage offre une bonne position, que ce soit debout ou assis, grâce au cale-pieds fixé à la base de la console. Le pare-brise protecteur abrite un tableau de bord dépouillé mais sur lequel il y a toute la place désirée pour monter du matériel optionne.



photo Zodiac Pro 750 Classic


photo Zodiac Pro 750 Classic


photo Zodiac Pro 750 Classic


AU PONTON
Son cockpit ample et plutôt dégagé (ni solarium, ni banquette de poupe) est un gage de commodité pour les plaisanciers sportifs, désirant s'adonner à la pêche, la plongée ou la glisse tractée. Le Pro 750 offre néanmoins quatre vraies places assises, et sa déco à la fois "pro" et sportive, devrait séduire un large public. Le leaning-post, supportant plusieurs porte-cannes, et les commandes bien placées dispensent une bonne ergonomie de pilotage. Il est à noter que le coffre situé sous le siège de console n'est pas très commode à ouvrir, à cause de l'épaisseur du dossier, et que son couvercle n'est pas doté de vérin d'ouverture. Un bon point, par contre, pour le nable de remplissage du réservoir, pourvu d'un petit bac de débordement…




EN MER
Le nouveau Zodiac est doté d'un beau potentiel évolutif, ce qui le rend particulièrement agréable à barrer. Sa docilité permet d'utiliser la puissance sans arrière-pensée. Facile à maîtriser malgré des accélérations musclée et une vitesse de pointe proche des 50 nœuds, on peut le mettre (presque) entre toutes les mains, et son réservoir de grande capacité, allié à la sobriété du nouveau Yamaha 250 ch 4T, lui confère une autonomie nettement supérieure à la moyenne.




2
3
je suis la